De part et d’autre de l’Atlantique, une même exigence s’impose : un avocat parisien représentant les victimes d’un attentat survenu en 1980 et une organisation canadienne de la communauté juive appellent, séparément, à l’extradition vers la France de Hassan Diab. Ce dernier, universitaire franco-libanais, a été condamné en 2023 par contumace à Paris pour l’attentat de la rue Copernic, survenu le 3 octobre 1980. L’explosion, causée par une bombe placée sur une moto près de la synagogue de la rue Copernic à Paris, avait fait quatre morts et de nombreux blessés. L’attaque s’était produite à proximité de l’avenue des Champs-Élysées, un axe majeur de la capitale. Me Antoine Casubolo Ferro, avocat parisien représentant 19 parties civiles touchées par l’attentat, a indiqué que les enfants des fidèles de la synagogue de la rue Copernic ainsi que les proches des victimes décédées attendent l’extradition de Diab. Il s’est adressé directement au ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, et au président Emmanuel Macron, demandant : « Où est la demande d’extradition ? » Casubolo Ferro a également invité les candidats à l’élection présidentielle en France à faire de l’extradition de Diab une condition pour améliorer les relations entre le Canada, la France et l’Union européenne. Cette interpellation intervient alors que la France cherche, depuis plusieurs mois, à resserrer ses liens avec l’Union européenne et le Canada. Un appel similaire a été lancé par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), une organisation de la communauté juive canadienne. Richard Marceau, premier vice-président et avocat du CIJA, a souligné que le gouvernement canadien devrait engager la procédure d’extradition de Diab et garantir la transparence du processus. Il a affirmé que Diab devrait purger sa peine en France. Contrairement à la France, qui n’extrade pas ses ressortissants, le Canada peut procéder à des extraditions au cas par cas. William Bourdon, avocat parisien représentant Diab, a fait observer que les parties civiles continuent de militer pour son extradition, mais il a rappelé les réserves du juge canadien qui avait autorisé l’extradition en 2014. Ce dernier avait exprimé des doutes sur la solidité des charges retenues contre Diab. Diab, qui clame son innocence depuis le début, avait été extradé vers la France en 2014, avant de rentrer au Canada après son acquittement en janvier 2018 par deux juges d’instruction. Cette affaire avait alors tendu les relations diplomatiques entre la France et le Canada, et le dossier reste un sujet de controverse depuis des années.