Les cadastres numériques transforment le secteur minier africain, les entreprises sud-africaines et les partenaires étrangers se disputant l'influence.
Cadastres numériques et permis miniers
Les cadastres numériques sont des systèmes qui gèrent les droits fonciers et les droits sur les ressources à l'aide d'outils numériques. Ils permettent de suivre les permis miniers, ce qui apporte de la clarté et réduit les conflits sur la propriété et l'usage.Le nouveau contrat de Rosgeo au Mali
Le groupe public russe Rosgeo a signé avec le Mali, fin octobre, un contrat portant sur la mise en place d'un système d'information géographique. Ce système intégrera des données géologiques et gérera les licences minières, ce qui élargit l'influence de la Russie dans l'administration minière africaine.La volonté de l'Afrique de moderniser ses systèmes miniers
De nombreux pays africains modernisent leur administration minière afin d'attirer les investisseurs. Les cadastres numériques permettent de suivre les permis en ligne, d'identifier les titulaires, les périodes de validité et les zones disponibles, ce qui améliore la transparence et l'efficacité.Les difficultés passées de l'Afrique du Sud dans l'administration minière
L'ancien système sud-africain, SAMRAD, a été critiqué pour son manque de transparence et son inefficacité. Au début de 2024, il comptait environ 3 000 demandes en attente, retardant près de 30 milliards de rands d'investissements et mettant en évidence le besoin de systèmes numériques plus performants.Le rôle de premier plan de Spatial Dimension en Afrique
Spatial Dimension, une entreprise sud-africaine fondée en 1999, est un acteur clé des cadastres numériques en Afrique. Son logiciel, Landfolio, est utilisé dans plus de 20 pays, dont la RDC, la Zambie et la Guinée, et a été retenu par la Côte d'Ivoire en 2025 pour son portail minier.Le soutien de la Banque mondiale aux cadastres numériques
La Banque mondiale a soutenu la mise en place de systèmes de cadastre numérique dans plusieurs pays africains, notamment le Cameroun, le Togo et la Mauritanie. Ce financement permet de couvrir l'installation, la maintenance et l'assistance technique de ces systèmes.La concurrence sur le marché des cadastres numériques
Si Spatial Dimension est un acteur majeur, d'autres entreprises se disputent également le marché. Le Burkina Faso utilise eMC+, développé par l'entreprise allemande GAF, et la fondation à but non lucratif Revenue Development Foundation propose gratuitement aux pays en développement un logiciel, MCAS.Le récent changement de logiciel en Afrique du Sud
En 2024, l'Afrique du Sud a choisi le consortium PMG, qui comprend une entreprise canadienne et des partenaires locaux, pour son nouveau cadastre numérique. Ce choix s'est fondé sur le coût, les fonctionnalités et l'expérience du partenaire canadien auprès d'autres administrations.L'approche nationale du Mali en matière de modernisation
Le Mali a choisi de développer son propre système de cadastre numérique, en s'appuyant sur l'expertise nationale. En avril 2025, il a lancé un système conçu par des agents publics maliens, qui a déjà enregistré plus de 600 titres miniers, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des prestataires étrangers.Défis de la mise en œuvre et de la durabilité
Quel que soit le système retenu, les pays africains doivent garantir la fiabilité des données existantes pendant les transitions. L'Afrique du Sud s'efforce de vérifier et de transférer les anciennes données afin d'éviter les litiges, tandis que le Mali doit préciser comment son nouveau système s'intégrera aux infrastructures existantes et maintiendra son autonomie technique.