La Marine nationale élargit ses programmes de drones

La Marine nationale française étend l'usage de ses drones grâce à une stratégie baptisée « choc de la dronisation », selon l'amiral Christophe Cluzel, chef d'état-major de la Marine nationale, qui s'exprimait devant l'Assemblée nationale. Cette initiative repose sur des systèmes ouverts et modulaires destinés à intégrer de nouvelles technologies, notamment des systèmes avancés de lutte contre les mines et des drones sous-marins.

Nouveaux systèmes et capacités

La Marine fait avancer plusieurs projets, parmi lesquels le SLAM-F, futur système de lutte contre les mines, et le programme DANAE, qui concerne des drones de surface autonomes armés. Ces efforts comprennent également l'utilisation de drones de surface selon un modèle de location, ainsi que la poursuite du programme UCUV, consacré aux véhicules sous-marins sans équipage.

Oryx O-16 en essais

L'Oryx O-16, drone de surface développé par l'entreprise française Exail, fait partie du programme expérimental de la Marine. Sélectionné par la Direction générale de l'armement (DGA) en juin 2026, le drone fait l'objet d'essais de patrouilles prolongées entre juin 2026 et avril 2027. Son déplacement est de 10,5 tonnes, et il est équipé de systèmes avancés d'autonomie et de navigation.

Caractéristiques et usages de l'Oryx O-16

L'Oryx O-16 est une version militaire du Drix O-16, un drone de surface transocéanique. Il dispose d'une propulsion diesel-électrique double et intègre le système d'autonomie CortiX, ainsi que des capteurs sonar, radar et lidar. Le drone est également évalué par les garde-côtes américains dans le cadre du système de commandement et de contrôle NEPTIS.

Missions opérationnelles de l'Oryx O-16

Selon la DGA, l'Oryx O-16 peut remplir trois missions essentielles : la guerre sous-marine, la surveillance des pêches et la sécurité de la navigation. Les deux dernières missions relèvent de l'Action de l'État en mer, qui vise à protéger et à gérer les intérêts maritimes de la France.

Essais en collaboration et perspectives

Cette approche expérimentale permet à la DGA d'évaluer l'efficacité du drone en conditions réelles, en mettant l'accent sur la collaboration entre les équipes militaires et industrielles. Il s'agit d'une étape importante dans l'intégration des systèmes autonomes aux opérations de la Marine nationale et dans l'exploration de nouvelles façons de compléter les forces navales traditionnelles.

Nouvelles acquisitions et création d'unités

Outre les projets en cours, la DGA a lancé un appel d'offres pour des drones de surface navals à grande autonomie, pouvant être déployés depuis des bâtiments de projection et de commandement et des navires de soutien. Le CEMM a également annoncé la création d'unités dédiées aux drones au sein de l'aéronautique navale et de la Force d'action navale, signe d'un engagement à long terme envers les systèmes autonomes.