Le secteur des travaux publics fait face à un recul sans précédent des commandes, 64 % des entreprises invoquant une demande insuffisante, signe d'une crise qui s'aggrave.
Carnets de commandes des travaux publics au plus bas depuis dix ans
Une enquête de conjoncture de l'Insee, publiée le 23 octobre, fait état d'un net recul de l'activité dans les travaux publics, avec des carnets de commandes au niveau le plus bas depuis plus de dix ans. L'enquête souligne une dégradation de la situation du secteur, avec un nombre croissant d'entreprises estimant que la demande pour leurs services est insuffisante.Davantage d'entreprises signalent une demande faible
Selon l'enquête, 64 % des entreprises interrogées déclarent une demande insuffisante, contre 56 % en juillet et 37 % en janvier, une hausse marquée. Le solde d'opinion sur l'activité passée s'établit à −45, contre −37 en juillet, ce qui traduit la poursuite du recul de l'activité et des carnets de commandes.Une perception des carnets de commandes qui se dégrade
Le regard des chefs d'entreprise sur leurs carnets de commandes s'est encore détérioré, le solde d'opinion tombant à −53 en octobre, contre −49 en juillet. Pour les entreprises qui distinguent clientèle publique et clientèle privée, le recul des commandes publiques est particulièrement marqué, avec un solde atteignant −64, contre −60 en juillet.La demande privée s'affaiblit également
La demande privée s'est elle aussi affaiblie, le solde passant de −40 à −51. Ces indicateurs traduisent la perception qu'ont les entreprises du volume de commandes qu'elles anticipent, et non la valeur réelle des contrats. L'Insee souligne que des niveaux aussi bas des soldes de carnets de commandes n'avaient pas été enregistrés depuis plus de dix ans.Les difficultés de main-d'œuvre moins pressantes
Si 64 % des entreprises font état d'une demande insuffisante, seules 12 % évoquent des difficultés liées à un manque de personnel, contre 20 % en juillet. Ce constat suggère que le principal défi du secteur tient à la disponibilité des projets plutôt qu'aux effectifs, même si les pénuries de compétences varient selon les métiers et les régions.Baisse de la valeur des contrats
La Fédération nationale des travaux publics (FNTP) indique que, de janvier à août 2026, les contrats conclus ont reculé de 26,6 % en euros constants par rapport à la même période de l'année précédente. Le volume de travaux a diminué de 8 %, et les heures travaillées par les salariés permanents ont baissé de 4,5 % sur la même période.Les données de l'Insee et de la FNTP concordent
Si l'enquête de l'Insee recueille l'opinion des chefs d'entreprise jusqu'au 20 octobre, les données de la FNTP reflètent l'activité réelle et l'évolution des commandes sur les huit premiers mois de 2026. Bien qu'elles mesurent des aspects différents, les deux sources font état d'un recul constant de la demande dans les travaux publics.Incertitude et perspectives pour l'emploi
L'indicateur d'incertitude économique a atteint 53 en octobre, son niveau le plus élevé depuis 2021. Les perspectives d'emploi se sont légèrement améliorées, le solde passant de −19 à −17, mais restent nettement en deçà de leur moyenne de long terme. Les entreprises se demandent désormais si les commandes, en particulier publiques, vont se renouveler dans les prochains mois, dans un contexte de budgets contraints.Prochaine enquête pour suivre les tendances
L'Insee prévoit sa prochaine enquête trimestrielle sur les travaux publics le 26 janvier 2027. Elle permettra de déterminer si le recul des carnets de commandes se poursuit ou si la demande commence à se stabiliser.