Les perspectives d'activité du commerce se dégradent

Les commerçants français abordent la fin de l'année avec des perspectives d'activité nettement dégradées. Selon l'enquête de l'Insee publiée le 22 octobre 2026, les intentions de hausse des prix de vente progressent, tandis que les prévisions de ventes et de commandes restent faibles.

Le climat des affaires recule dans le commerce

Le climat des affaires dans le commerce de détail, hors automobile, est tombé à 93 points en octobre 2026, soit quatre points de moins qu'en septembre. Ce recul, le second consécutif, ressort de la dernière enquête mensuelle de l'Insee sur le climat des affaires. L'indicateur reste en dessous de sa moyenne de long terme, fixée à 100.

Les perspectives d'activité se détériorent

Dans le commerce de détail, hors automobile, le solde d'opinion sur les perspectives générales d'activité recule à -42 points, contre -30 en septembre. Selon l'Insee, ce niveau n'avait pas été observé depuis décembre 2018, en dehors de la crise sanitaire. Cet indicateur mesure la différence entre les réponses favorables et défavorables des professionnels interrogés : il traduit une appréciation du marché, et non une variation du chiffre d'affaires.

Les attentes de ventes reculent

Les ventes passées restent stables dans ce secteur, mais les anticipations se dégradent. Le solde relatif aux ventes attendues passe de -9 à -10 points, tandis que celui des intentions de commandes passe de -11 à -12 points. Les détaillants ne décrivent donc pas une forte baisse des ventes déjà réalisées ; ils expriment surtout une inquiétude croissante pour les mois à venir.

Les intentions de hausse de prix progressent

Pour l'ensemble du commerce de détail et de la réparation automobile, le solde d'opinion sur les prix de vente attendus passe de +10 points en septembre à +13 points en octobre, selon le tableau détaillé de l'enquête. Il reste nettement au-dessus de sa moyenne historique, proche de zéro. Ce mouvement suggère que davantage d'entreprises envisagent des hausses de prix que des baisses, par rapport à la situation habituelle.

Les perspectives de prix contrastent avec une demande faible

Ce solde n'est pas un taux d'inflation et ne quantifie pas la hausse des prix affichés dans les magasins. Il renseigne sur le sens des décisions envisagées par les commerçants. Toutefois, sa progression à un moment où les perspectives d'activité s'assombrissent mérite l'attention : les détaillants font face à une demande qu'ils jugent fragile tout en anticipant davantage de hausses de prix.

Le climat des affaires national s'améliore légèrement

Le recul du commerce de détail contraste avec la légère amélioration de l'indicateur national. Dans sa synthèse du 22 octobre, l'Insee situe le climat des affaires, tous secteurs confondus, à 97 points, soit un point de plus qu'en septembre. L'industrie progresse à 105 points et les services atteignent 99, tandis que la construction recule à 95.

Le commerce et la réparation automobile se maintiennent

Le commerce et la réparation automobile résistent mieux que le commerce de détail : leur indicateur reste stable à 95 points. Le solde des ventes attendues s'améliore dans ce secteur, même s'il demeure en dessous de sa moyenne de long terme. Ce contraste montre que la dégradation du climat des affaires dans le commerce n'est pas uniforme.

Calendrier de l'enquête et prochaine publication

L'enquête a été menée du 25 septembre au 19 octobre 2026, la majorité des réponses ayant été recueillies au cours des deux premières semaines. La prochaine mise à jour du climat des affaires, annoncée pour le 20 novembre, permettra de mesurer si les inquiétudes des commerçants se traduisent par leurs intentions de commandes et leur politique de prix à l'approche de la fin de l'année.