La distraction au volant serait à l'origine d'un accident de la route sur trois, selon une nouvelle étude d'Allianz. Les conceptions modernes des voitures rendent les conducteurs plus vulnérables.
La distraction au volant est à l'origine d'un tiers des accidents
Une étude d'Allianz, présentée lors de l'Allianz Motor Day 2026, révèle que la distraction du conducteur est responsable d'un accident de la route sur trois. Menée par l'Allianz Zentrum für Technik (AZT), cette recherche a analysé plus de 34 000 accidents de la route et conclut que la distraction du conducteur intervient dans un accident sur trois, soit comme facteur déclencheur direct, soit comme cause contributive. Cela place l'inattention parmi les principaux risques pour la sécurité routière et laisse penser que son rôle réel est largement sous-estimé dans les chiffres officiels.La conception moderne des voitures accroît la distraction
L'étude souligne que les habitacles modernes obligent souvent les conducteurs à utiliser des écrans tactiles pour des fonctions auparavant accessibles intuitivement, comme régler la climatisation ou changer de station de radio. Ces opérations exigent de détourner le regard de la route, le temps passé à regarder ailleurs pouvant varier de 25 % selon la conception du véhicule. Selon Allianz, cet écart montre que la distraction ne relève pas seulement du comportement du conducteur, mais aussi de la conception.Les conducteurs distraits réagissent moins bien que les conducteurs alcoolisés
Dans des scénarios de circulation simulés, à partir de données réelles de suivi oculaire, les conducteurs distraits ont obtenu de moins bons résultats que ceux ayant un taux d'alcool de 0,8 g/l dans le sang. Dans les scénarios de freinage d'urgence sur autoroute, la part de collisions simulées est passée de 18,2 % à 54,3 % lorsque les conducteurs étaient distraits. Lorsqu'un enfant surgissait soudainement sur la route, la part de collisions est passée de 3,9 % à 11,2 %. Dans 39 % des collisions impliquant un conducteur distrait, ce dernier n'a pas réagi du tout.La majorité des conducteurs veut des commandes physiques
Dans neuf pays, deux conducteurs sur trois souhaitent le retour de commandes physiques pour les fonctions essentielles. En France, 80 % des conducteurs estiment que les technologies embarquées ont accru la distraction ces dernières années. 38 % déclarent avoir déjà vécu une situation critique liée à un écran tactile, et 20 % une situation critique liée à l'utilisation du téléphone au volant. Seuls 12 % ont déclaré un accident au cours des trois dernières années. Pour limiter ces risques, 53 % des conducteurs français sont favorables à une hausse des amendes, et 38 % à une restriction de l'utilisation de commandes complexes pendant la conduite. 66 % des conducteurs français souhaitent des boutons ou des commandes physiques pour certaines fonctions, un pourcentage qui atteint 82 % chez les 18-25 ans.Allianz appelle à une conception automobile plus sûre
Allianz recommande aux constructeurs automobiles de donner la priorité à la sécurité dans la conception des interfaces, en veillant à ce que les fonctions essentielles, comme les essuie-glaces, les clignotants ou les feux, restent rapidement accessibles. L'organisation note qu'Euro NCAP valorise déjà les véhicules conservant un accès direct à ces fonctions et pénalise ceux qui les placent dans des menus complexes. Les pouvoirs publics sont invités à mieux mesurer le rôle de la distraction dans chaque accident et à adapter la réglementation en conséquence. Allianz recommande également de renforcer les contrôles et les technologies de détection de l'inattention.La télématique peut aider, mais doit éviter de nouveaux risques
L'étude souligne l'importance de la télématique embarquée comme outil de prévention, destiné à aider les conducteurs à adopter des comportements plus sûrs, tout en mettant en garde contre la création de nouveaux risques. Selon la recherche, 80 % des Français interrogés estiment que les écrans et les interfaces tactiles peuvent être une source de distraction au volant, et 82 % des jeunes Français âgés de 18 à 25 ans souhaitent accéder aux fonctions essentielles du véhicule par des boutons ou des commandes physiques.