La Libye peine face à la hausse des coûts du carburant et des subventions, alors qu'elle s'efforce de restaurer sa capacité industrielle, notamment la production de méthanol à la raffinerie de Syrte.
Le défi des coûts et des subventions du carburant en Libye
La Libye continue de supporter un lourd fardeau financier lié à l'importation de carburant, tout en consacrant une part importante de son budget aux subventions sur les carburants. Ces coûts ont fortement augmenté au cours des dernières années, compliquant le redressement économique du pays.Reprise de la production de méthanol à Brega
À Brega, la Sirte Oil and Gas Production Company s'emploie à remettre en état ses installations industrielles. Le 25 octobre, la National Oil Corporation (NOC), qui possède cette société, a annoncé avoir rétabli le fonctionnement complet de deux unités de méthanol de sa raffinerie.Efforts pour rétablir la production après des années d'arrêt
Cette évolution fait suite à plusieurs années d'arrêts et à une série d'efforts visant à rétablir progressivement la capacité de production. La reprise est intervenue après une opération de maintenance générale et le remplacement du système de contrôle de la seconde unité, selon la NOC.Redémarrage après un arrêt prolongé et des améliorations
La seconde unité de méthanol avait été mise à l'arrêt en 2018 et n'avait repris la production qu'en octobre 2025. Son redémarrage a suivi l'installation et la mise à l'essai d'un système de chauffage alimenté au gaz naturel, condition indispensable à la reprise des opérations.La production de méthanol ne doit pas être confondue avec la production de carburant
La reprise de la production de méthanol ne doit pas être confondue avec le rétablissement des capacités de production de carburants. Le 15 octobre, Agence Ecofin a rapporté que la NOC se préparait à lancer une nouvelle unité de production d'essence à Sirte Oil.Moderniser les installations pour renforcer l'approvisionnement local
Cette installation illustre un autre volet des efforts visant à renforcer l'approvisionnement local. Sa remise en service a nécessité plusieurs interventions, notamment le remplacement du catalyseur, la modernisation des systèmes de contrôle et la construction d'une nouvelle salle de contrôle, selon la NOC.La NOC vise à accroître la capacité de raffinage
La société d'État n'a toutefois pas précisé le niveau de production atteint depuis la reprise des activités de la raffinerie. En janvier, la NOC a annoncé son intention de porter la capacité de raffinage de la Libye à 660 000 barils par jour.Capacité de raffinage actuelle et difficultés
Elle estimait que les capacités opérationnelles réelles s'élevaient à environ 180 000 barils par jour en janvier 2026. Dans ce contexte, les raffineries de Brega (10 000 barils par jour) et de Sarir (10 000 barils par jour) ne représentent qu'une petite part des capacités de raffinage nominales du pays.Prédominance des grandes raffineries
Les capacités de raffinage du pays sont dominées par Ras Lanouf (220 000 barils par jour) et Zawiya (120 000 barils par jour). Cette reprise intervient sur un marché encore fortement dépendant des importations.Hausse des coûts des importations de carburant
Selon le Bureau d'audit libyen, le coût annuel des importations de carburant est passé d'une moyenne de 3 milliards de dollars entre 2016 et 2019 à 9 milliards de dollars en 2024. Parallèlement, les subventions aux carburants représentaient environ 25 % du PIB de la Libye en 2025, selon le Fonds monétaire international (FMI).