Un roman explore le travail en vente au détail dans la photo

Dans son roman Souvenirs à la chaîne, Sylvia Hansel décrit la vie derrière le comptoir d'une grande chaîne de tirage photo dans les années 2000, en s'intéressant à l'influence de la hiérarchie sur les « petits boulots » et aux défis éthiques auxquels sont confrontés les salariés.

Le livre détaille les conditions de travail et les questions éthiques

Publié aux éditions Intervalles, le livre compte 224 pages et coûte 19,50 €. Il est lié à l'étude psychologique La souffrance éthique de Christophe Dejours et Gabriel Perez, publiée chez Grasset, qui compte 192 pages et se vend 19 €.

Le récit suit une employée d'une chaîne de magasins

Le récit de Hansel suit un personnage prénommé Sarah, qui travaille chez Photo One à La Défense, où elle et ses collègues doivent vendre des services aux clients de retour de vacances. Les employés sont formés à aborder les clients à travers différentes offres, comme les cartes de fidélité, les tirages gratuits et les forfaits groupés.

Travail émotionnel et exigences physiques

Le livre décrit le travail émotionnel que supposent ces échanges : les employés doivent feindre l'enthousiasme face aux récits de vacances des clients, tout en supportant les contraintes physiques du métier, notamment le travail dans la chaleur des ateliers d'impression.

Dilemmes éthiques et tâches ingrates

Le roman aborde aussi les dilemmes éthiques auxquels sont confrontés les salariés, comme conseiller aux clients de meilleurs clichés ou gérer des photos contenant une nudité inattendue. Ces situations sont décrites comme des « sales boulots », qui impliquent des tâches ingrates et la mise en scène des clients en « rois » avec leurs trophées de vacances.

Règles internes et conséquences

Au-delà des défis éthiques, le livre évoque les conditions de travail et la formation chez Photo One. Une séquence de formation intitulée « Intégrité » y est décrite, mettant l'accent sur la ponctualité et les conséquences des retards. Le récit comprend aussi des anecdotes sur le vol, comme celle d'un employé licencié pour avoir pris un rouleau de papier toilette, illustrant la rigueur des règles en vigueur.

Le contexte de l'étude psychologique

Le travail de Hansel est replacé dans le cadre de l'étude psychologique de Dejours et Perez, qui examine la « souffrance éthique », définie comme le fait de « consentir à contribuer à des actes ou des pratiques que le sens moral désapprouve ». L'étude met en lumière l'impact psychologique de la complicité forcée, d'une concurrence exacerbée et des évaluations collectives au travail.

Le rôle existentiel du travail et les défis actuels

Dejours a déjà analysé la « centralité du travail » comme une activité par laquelle l'individu peut « faire l'expérience de soi et de la vie pour révéler le meilleur de nous-mêmes ». Toutefois, le paysage actuel des « petits boulots », des emplois d'urgence et des contrats à durée déterminée est perçu comme excluant le contenu existentiel de l'activité, ce qui conduit à des vides psychologiques et à une détresse émotionnelle.