Les ventes de pompes à chaleur ont augmenté de plus de 11 % au cours des six premiers mois de cette année, selon l’Association européenne de la pompe à chaleur (EHPA). Dans douze pays européens, les ménages ont acheté 1,6 million d’unités, contre 1,05 million au premier semestre 2025. Cette croissance s’explique en partie par la hausse des coûts du pétrole et du gaz, ainsi que par la réduction des taxes sur l’électricité, qui rendent les pompes à chaleur plus attractives et durables pour le chauffage des habitations. Les pompes à chaleur fonctionnent en transférant l’énergie thermique d’une source à basse température, comme l’air, le sol ou l’eau, vers un milieu plus chaud, plutôt que de produire de la chaleur par combustion de combustible. Ce procédé est plus efficace sur le plan énergétique et respectueux de l’environnement. La Commission européenne a proposé un plan d’action pour l’électrification visant à rendre l’électricité plus abordable que le gaz en ajustant les taxes sur l’énergie. Ces mesures visent à promouvoir l’utilisation de solutions de chauffage durables comme les pompes à chaleur. L’adoption des pompes à chaleur varie selon les pays européens, souvent en fonction des politiques locales et des prix de l’énergie. En Allemagne, par exemple, un système dédié de subventions a permis de faire des pompes à chaleur la technologie de chauffage la plus installée dans les foyers. Cependant, dans certains pays, comme la Belgique, la Roumanie et le Royaume-Uni, l’électricité reste significativement plus chère que le gaz – jusqu’à cinq fois plus dans certains cas. Par conséquent, les ménages de ces régions sont moins enclins à adopter les pompes à chaleur, malgré certaines réformes fiscales visant à réduire le coût de l’électricité. Paul Kenny, directeur général de l’EHPA, souligne la nécessité de nouvelles mesures politiques pour soutenir la transition vers une énergie plus propre. Il préconise la suppression des taxes sur l’électricité et leur application aux énergies fossiles, une stratégie déjà mise en œuvre aux Pays-Bas. Bien que la Commission européenne ait défini cette approche, Kenny note que tous les gouvernements de l’UE doivent désormais la mettre en œuvre efficacement. Les tensions récentes au Moyen-Orient, déclenchées par des événements liés à Donald Trump, pourraient servir de catalyseur pour accélérer la transition énergétique au sein de l’Union européenne, bien que le chemin vers un système énergétique entièrement propre reste semé d’embûches.