Les syndicats agricoles français mettent en garde contre les risques pour le budget de la PAC

Les syndicats agricoles français FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) ont rappelé au président Emmanuel Macron son engagement antérieur en faveur d'un budget solide pour la future politique agricole commune (PAC), qui soutient les agriculteurs à travers l'Europe. Ils s'inquiètent d'une proposition de compromis émanant de la présidence irlandaise, qui, selon eux, menace la stabilité du financement agricole.

Le rôle de la PAC dans la durabilité et la sécurité alimentaire

Les syndicats ont souligné que la PAC est essentielle pour permettre aux agriculteurs de produire des aliments de manière durable et fiable pour les citoyens européens. Ils affirment qu'un budget solide pour la PAC est indispensable pour faire face à des défis tels que le changement climatique, les pressions économiques et l'instabilité géopolitique.

Des positions divergentes sur le budget de la PAC pour 2028-2034

L'Union européenne doit se mettre d'accord sur le budget de la PAC pour 2028-2034, mais les États membres sont divisés. Les pays dits « frugaux », comme l'Allemagne, réclament des coupes, tandis que la France et d'autres pays plaident pour de nouvelles sources de financement afin de maintenir le soutien à l'agriculture.

La baisse potentielle du budget de la PAC pour la France

La FNSEA et JA ont averti que la première proposition budgétaire est préoccupante, car la France pourrait subir une réduction de 13 % de ses financements au titre de la PAC. Ils jugent cette baisse incohérente au regard du contexte mondial actuel et ont exhorté Emmanuel Macron à honorer son engagement en faveur d'un budget de la PAC stable et ajusté de l'inflation.

Financements proposés et évolution des priorités

Bruxelles a proposé un « sanctuaire » minimal d'environ 300 milliards d'euros de soutien agricole pour la nouvelle PAC, contre 387 milliards d'euros pour la période actuelle. Si la Commission européenne avait initialement proposé une enveloppe supplémentaire de 100 milliards d'euros, certains pays souhaitent désormais réorienter ces fonds vers d'autres domaines.

Critiques de la proposition de compromis irlandaise

La Confédération paysanne a qualifié la proposition de compromis irlandaise de « sabotage », estimant qu'elle affaiblit la redistribution des fonds de la PAC en rendant facultatifs des éléments clés, tels que le plafonnement des paiements et le soutien aux petites exploitations. Le syndicat a insisté sur le fait que la redistribution est essentielle pour maintenir la viabilité des exploitations dans toutes les régions et tous les secteurs.

Absence de concertation nationale sur la position de la France

Le syndicat a également relevé que le gouvernement français n'a pas mis en place de dispositif de concertation formel avec l'ensemble des acteurs pour élaborer la position de la France pendant les négociations en cours, laissant ainsi les préoccupations sans réponse à mesure que les discussions se poursuivent.