La Finlande prévoit d'enfouir des déchets nucléaires pendant 100 000 ans, mais les risques de corrosion et de changement climatique persistent. Des projets similaires se heurtent à des défis dans le monde.
Le plan finlandais pour les déchets nucléaires s'étend sur 100 000 ans
La Finlande a décidé d'enfouir de façon permanente 6 500 tonnes de combustible nucléaire usé à 430 mètres sous terre, dans des capsules de cuivre, de fonte et d'argile, la matière devant rester dangereuse pendant 100 000 ans. Le projet, baptisé Onkalo, a été officiellement signé en 2026 et vise à stocker les déchets en toute sécurité jusqu'à ce que leur radioactivité diminue.Les déchets radioactifs ont des durées de vie variables
Les déchets nucléaires sont classés selon leur niveau de radioactivité, les déchets de « très haute activité » comprenant le combustible usé, qui émet un rayonnement mortel et de la chaleur. Différents éléments présents dans ces déchets ont des temps de décroissance différents : le césium 137 et le strontium 90, par exemple, perdent la moitié de leur radioactivité en environ 30 ans, tandis que le plutonium 239 en met environ 24 100.La gestion des déchets nucléaires a évolué au fil du temps
Pendant des décennies, les décisions concernant la gestion des déchets nucléaires reposaient sur l'intuition, certaines pratiques passées consistant notamment à immerger les déchets dans l'océan. Une étude du CNRS publiée en 2025 a révélé que l'océan Atlantique contient encore des traces de ces déchets. Si l'envoi de déchets dans l'espace est envisagé, le risque lié au lancement de matières nucléaires le rend impraticable, ce qui a conduit la Finlande à choisir l'enfouissement souterrain.La France fait face à des défis en matière de stockage des déchets nucléaires
La France dispose de 1,89 million de mètres cubes de déchets radioactifs, dont une grande partie est stockée dans des piscines à La Hague, où la capacité est atteinte chaque année. Les déchets sont ensuite compactés, et le stockage temporaire est devenu un protocole officiel. Les bassins de stockage à ciel ouvert de Narbonne suscitent également des inquiétudes, notamment après que de récentes inondations ont entraîné le rejet d'eaux de ruissellement non traitées.L'Allemagne est confrontée à des fuites de déchets nucléaires
L'ancienne mine de sel d'Asse II, en Allemagne, où des déchets radioactifs sont stockés depuis 1967, subit des infiltrations d'eau souterraine de plus en plus importantes. En 2024, 12 mètres cubes d'eau s'écoulaient chaque jour à proximité des chambres radioactives, compliquant les efforts visant à extraire les déchets en toute sécurité en cas d'urgence.La fonte des glaces au Groenland menace les déchets nucléaires
Au Groenland, la fonte des glaces pourrait libérer des déchets nucléaires dans l'océan Atlantique d'ici 2090, selon la Cour des comptes américaine. Une base militaire établie en 1959 a laissé derrière elle 200 000 litres de carburant, 240 000 litres d'eaux usées et une enveloppe de réacteur de 36 mètres de long, enfouies sous la glace.Un site nucléaire du Pacifique se dégrade
Dans les îles Marshall, le dôme de Runit, construit pour contenir les débris radioactifs des essais nucléaires, se fissure et risque d'être submergé par la montée du niveau de la mer. L'ingénieur nucléaire américain Arjun Makhijani a souligné qu'aucune structure en béton ne peut résister au danger à long terme que représente le plutonium 239 dans la région.La gestion des déchets nucléaires reste un défi mondial
Le stockage à long terme des déchets nucléaires s'est révélé difficile, les hypothèses passées sur la sûreté des dômes de béton et d'autres méthodes n'ayant pas tenu compte de la très grande longévité de certains matériaux radioactifs. Malgré ces incertitudes, des projets comme Onkalo en Finlande continuent de soutenir le développement de l'énergie nucléaire.