Les jeux vidéo à thème religieux, conçus pour promouvoir des croyances chrétiennes, sont désormais accessibles sur les plateformes modernes ainsi que sur des consoles plus anciennes. Cependant, beaucoup de ces jeux font face à des défis tels que des financements limités, des graphismes basiques et des mécaniques de jeu qui ne rivalisent pas avec les standards des jeux grand public. Le prêtre Bertrand Monnier, auteur de Les Dix commandements du jeu vidéo, estime que lorsque les thèmes religieux dominent la conception d’un jeu, le résultat est souvent « médiocre ». Avec la récente visite du pape Léon XIV à Paris, certains fidèles repensent leur manière de rester connectés à leur foi, et certains explorent même les jeux vidéo comme outil. Des titres comme I Am Jesus Christ, Captain Bible in Dome of Darkness et Church Simulator ont vu le jour, mais leur efficacité à transmettre des messages religieux et leur qualité globale restent sujettes à débat. Ces jeux mêlent contenu éducatif sur les enseignements chrétiens à des genres de jeu plus familiers. Par exemple, Captain Bible in Dome of Darkness, développé en 1994 par Bridgestone Multimedia Group, permet aux joueurs d’incarner un super-héros de la Bible Corp, chargé de combattre des robots diffusant des idées non chrétiennes à l’aide de versets bibliques. Plus récemment, I Am Jesus Christ offre aux joueurs l’expérience et la réinterprétation des miracles de Jésus, comme transformer l’eau en vin ou marcher sur l’eau, tout en incluant des actions comme lancer des boules de feu ou devenir invisible. Malgré ces fonctionnalités, les jeux sont souvent critiqués pour leurs visuels et leur gameplay dépassés. Dans Church Simulator, les joueurs sont avertis de ne pas examiner de trop près les bébés qu’ils baptisent, car les visuels pourraient être dérangeants. Selon Bertrand Monnier, il n’existe aucun écrit officiel de l’Église sur les jeux vidéo. Il souligne la différence entre les jeux à caractère religieux et ceux qui utilisent des éléments religieux sans chercher à convertir. Il précise que l’Église n’a pas émis de déclaration officielle sur le sujet et que ses propres vues relèvent de son expertise de théologien et de spécialiste du jeu vidéo, et non du Vatican. Monnier estime que lorsque le contenu religieux prime sur la qualité artistique, cela peut mener à des tentatives de conversion et aboutir à des jeux « extrêmement médiocres ». Il suggère que chaque jeu devrait être évalué selon ses propres mérites, car il existe de nombreuses façons de représenter la religion, et l’intention derrière l’œuvre est essentielle. Monnier privilégie les jeux qui misent sur la qualité plutôt que sur le message religieux, comme HeartStone de Blizzard ou Age of Empire. Il considère que les jeux vidéo peuvent être un média porteur de sens, à condition d’être conçus avec soin et équilibre. Sa perspective offre une vision nuancée de l’intersection entre foi et divertissement dans l’univers du jeu vidéo.