Ces dernières années, un nombre croissant d'individus et de sites web se sont chargés de suivre et de rapporter les fuites de données, alertant souvent le public sur des risques potentiels avant même les annonces officielles. Sebastien, connu en ligne sous le pseudonyme Seblatombe, poste régulièrement sur X des informations sur des fuites de données suspectées et a accumulé près de 20 000 abonnés. En août, il a alerté sur une importante fuite de données au sein de la direction des impôts avant que le ministère de l'Économie n'annonce officiellement cette situation. D'autres personnes mènent des efforts similaires, comme Thomas Lazzaroni, qui gère cyberattaque.org et surveille les alertes sur des plateformes comme Facebook. Christophe Boutry, créateur de Fuitesinfo.fr, a un parcours remarquable en tant qu'ancien policier de la DGSI. Cependant, il a été condamné à sept ans de prison en 2025 pour corruption après avoir vendu des informations sur le darknet. Aeris, activiste de la protection de la vie privée et créateur de bonjourlafuite.eu.org, vise également à sensibiliser le public aux fuites de données. Ces individus et sites web prétendent informer le public sur les fuites de données, mais leurs méthodes ont soulevé des inquiétudes. Vincent Strubel, directeur général de l'Agence nationale pour la sécurité des systèmes d'information (Anssi), a noté que plus de la moitié des alertes reçues par l'institution en 2025 n'étaient pas vérifiées. Sebastien et d'autres affirment vérifier leurs allégations en consultant des extraits de bases de données publiés par des pirates informatiques et en contactant Anssi ainsi que les organisations ciblées. Cependant, certaines organisations ont indiqué que les rapports initiaux étaient inexactes et ont été ultérieurement corrigés sur le site FrenchBreaches. Le problème de l'interaction avec les pirates informatiques fait aussi l'objet de débats. Sebastien discute avec des pirates pour "demander certaines informations" et a publié des entretiens avec certains de ces individus. Thomas Lazzaroni affirme, en revanche, ne parler aux pirates que "très peu." Aeris refuse de mettre en avant les crimes de pirates qui le contactent directement. Christophe Boutry critique l'empressement à publier rapidement des informations, arguant que cela peut nuire à la précision et à la qualité des informations. Malgré le débat, ces individus et ces sites web jouent un rôle important dans l'information du public sur les fuites de données. Cependant, le défi demeure de concilier le besoin de transparence avec la responsabilité d'assurer la précision des informations partagées. Alors que le débat continue, il est clair que le paysage de la sécurité des données et de la sensibilisation du public évolue rapidement.