L'Inde examine actuellement les expéditions de soja étiquetées comme provenant du Niger, soupçonnant qu'elles pourraient en réalité provenir du Nigeria, selon des rapports récents. Cette surveillance intervient après une forte augmentation des importations indiennes de soja en provenance d'Afrique. Entre janvier et juillet 2026, l'Inde a importé 909 606 tonnes de soja, une hausse significative par rapport aux 1 996 tonnes enregistrées durant la même période en 2025, comme l'a révélé le ministère du Commerce. Sur ce total, 380 868 tonnes étaient déclarées comme provenant du Niger, faisant de ce pays le premier fournisseur enregistré de l'Inde pendant cette période, malgré une production nigérienne de soja minimale.
Les autorités indiennes estiment que certaines expéditions pourraient provenir du Nigeria et être réexportées ou mal étiquetées comme nigériennes pour bénéficier d'un régime tarifaire plus avantageux. Le Niger bénéficie en effet d'une exemption de droits de douane accordée par l'Inde à certains pays les moins avancés, tandis que les expéditions de soja nigérian sont soumises à un droit de douane standard de 45 %.
L'Inde, qui est généralement un exportateur de tourteau de soja, s'est tournée vers des sources africaines pour alimenter ses usines de trituration en raison de la hausse des prix nationaux du soja. Cette augmentation est due à un affaiblissement de la production nationale après des conditions météorologiques défavorables. En conséquence, les traders indiens ont annulé environ 25 000 tonnes de contrats d'exportation de tourteau de soja. En mai, ils avaient déjà sécurisé environ 80 000 tonnes de fèves en provenance d'Afrique, notamment du Bénin, du Togo, du Nigeria et du Niger.
L'intérêt de l'Inde pour le soja africain est également lié à la réglementation sur les OGM. L'achat de soja génétiquement modifié, dominant chez les principaux fournisseurs mondiaux comme le Brésil, les États-Unis et l'Argentine, est fortement restreint par la réglementation indienne. Les sources africaines offrent donc une solution d'approvisionnement conforme aux besoins des triturateurs indiens.
Dans le cadre de l'enquête, les douanes indiennes exigent désormais des importateurs qu'ils fournissent une documentation supplémentaire concernant le trajet des expéditions, y compris des permis de transit pour confirmer que le soja a bien été transporté depuis le Niger. Les certificats d'origine et les certificats phytosanitaires initialement fournis permettaient un dédouanement sans droits, mais ils ne suffisent plus à confirmer l'origine réelle des marchandises.
Au-delà du risque de réajustements tarifaires pour les opérateurs concernés, cette procédure pourrait servir de test de crédibilité pour les chaînes d'approvisionnement africaines de soja sur les marchés d'exportation. L'exemple américain montre que les exigences de traçabilité se resserrent déjà. En septembre 2024, le National Organic Program (NOP) du département de l'Agriculture des États-Unis a placé les chaînes d'approvisionnement en soja et tourteau de soja biologiques du Bénin, du Burkina Faso, du Ghana, du Nigeria et du Togo sous surveillance renforcée. L'autorité américaine avait identifié plusieurs facteurs de risque, dont l'augmentation rapide des volumes présentés comme biologiques, les difficultés à réaliser des inspections surprises dans certaines zones, la taille des groupes de producteurs, les limites des systèmes de contrôle interne et les tentatives connues de commercialiser du soja conventionnel sous certification biologique.
L'enquête indienne soulève des questions similaires : la capacité à démontrer, à l'aide de documents justificatifs, l'origine, le volume et l'itinéraire d'un lot depuis sa zone de collecte jusqu'au port d'exportation. Pour les fournisseurs africains, la traçabilité devient plus qu'une obligation réglementaire. Elle conditionne l'accès à des régimes tarifaires préférentiels, limite les risques de fraude et peut devenir un levier de différenciation sur des marchés où les acheteurs exigent des chaînes d'approvisionnement vérifiables.
L'Inde enquête sur une fraude présumée à l'origine de cargaisons de soja africaines
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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