La Conférence nationale sur le handicap, reportée plus tôt cette année en raison des vagues de chaleur estivales, se tiendra ce vendredi 4 septembre, à la salle Prisme de Bobigny. Lors de cet événement, le président Emmanuel Macron a officiellement annoncé le lancement prochain du Portail de l’édition adaptée, un projet à la fois très attendu et maintes fois retardé. Cette initiative vise à créer un système centralisé pour rendre les livres accessibles aux personnes en situation de handicap, notamment ceux qui ne sont plus disponibles dans le commerce ou dont la mise en page est complexe. Un « plan de rattrapage » pour les livres accessibles est mis en place afin d’accélérer l’adaptation des catalogues. Ce plan s’inscrit dans une stratégie nationale d’accessibilité plus large pour les années 2026–2030, qui vise à garantir à chacun l’accès à la culture, à l’éducation et aux services publics dans les mêmes conditions. Ce plan s’appuie sur des travaux préparatoires de l’Institut national des jeunes aveugles (INJA) et prévoit un financement pour les années 2027–2028, selon Jérôme Belmon, chef du département de la bibliothèque au ministère de la Culture. La coordination avec les éditeurs constitue un élément clé du dispositif, afin d’éviter les chevauchements et d’assurer l’efficacité des actions. Ce plan sera déployé en parallèle du développement du Portail national de l’édition accessible et adaptée, dont le lancement est prévu pour 2028 ou début 2029. Géré par la Bibliothèque nationale de France, ce portail permettra aux organismes spécialisés de consulter un catalogue de livres adaptés. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement mondial croissant en faveur d’une plus grande inclusion des contenus numériques, comme en témoigne une directive européenne adoptée en juin 2025. Cette directive impose aux éditeurs de garantir que les livres vendus dans les librairies en ligne soient « nativement accessibles » aux lecteurs en situation de handicap, avec des exemptions pour les petits éditeurs ou lorsque l’accessibilité entraînerait une charge disproportionnée. Deux maisons d’édition, Les Liens qui Libèrent et Mengès, ont été convoquées par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour non-respect de l’obligation de dépôt des fichiers numériques auprès de la Bibliothèque nationale de France. Le plan cible particulièrement les livres retirés du marché commercial, épuisés ou dont la mise en page est complexe, notamment les manuels scolaires et parascolaires, pour lesquels une forte demande a été exprimée par les associations.