La population vieillissante de la Corse remodèle son marché du travail, avec des défis en matière de transmission des compétences et d'attraction de nouveaux actifs.
Vieillissement de la population en Corse
La Corse fait face à un vieillissement de sa population, ce qui crée de nouveaux défis sur son marché du travail. En 2022, 31 % de la population de l'île était âgée de 60 ans ou plus, un chiffre égal à celui des personnes de moins de 25 ans.Projections démographiques à venir
Cette tendance devrait se poursuivre : les personnes âgées de 65 ans ou plus pourraient représenter 34 % de la population régionale d'ici 2050. L'Agence régionale pour l'amélioration des conditions de travail (Aract) Corse a mené une étude afin d'explorer les liens entre démographie et travail sur l'île.Une population active en recul
La population en âge de travailler représente aujourd'hui 55 % des habitants, en nette baisse par rapport aux 63 % de 1975. Selon l'étude de l'Aract, 40,9 % des salariés et des membres du personnel interrogés considèrent que cette transition démographique constitue « un impact majeur, avec un risque systémique pour l'emploi et la compétitivité ».Des défis pour les organisations
Pour les organisations, le défi est double : anticiper le départ des salariés expérimentés tout en parvenant à attirer et à fidéliser de nouveaux travailleurs. Cette adaptation exige également de préserver les compétences nécessaires à la continuité de l'activité.La transmission des compétences, une priorité
La transmission des compétences arrive en tête des préoccupations : elle est jugée prioritaire par 89,6 % des salariés et membres du personnel interrogés, et par 88,5 % des employeurs. Pourtant, cette transmission reste insuffisamment structurée : 53,8 % des employeurs interrogés déclarent ne mettre en œuvre que des initiatives ponctuelles, souvent à l'approche de la retraite d'un salarié.Des difficultés de recrutement
Plus de la moitié des employeurs (57,7 %) déclarent rencontrer de fortes difficultés à pourvoir certains postes, principalement en raison d'une pénurie de candidats qualifiés. Cette situation est particulièrement marquée dans les très petites entreprises (TPE), où 62,5 % des employeurs signalent ces tensions.Impact sur les salariés
Pour les salariés et les membres du personnel, ces difficultés se traduisent souvent par une surcharge de travail, des remplacements fréquents et une disponibilité moindre pour former les nouveaux arrivants. L'étude de l'Aract Corse souligne l'importance d'améliorer l'attractivité des emplois : 69,2 % des employeurs interrogés considèrent les conditions d'emploi, la rémunération et la qualité du travail comme des leviers prioritaires.Les priorités des salariés
Du côté des salariés et des membres du personnel, 57 % mettent l'accent sur l'anticipation du recrutement et l'intégration des nouveaux arrivants. La charge de travail et les conditions d'emploi sont citées comme prioritaires par 86 % des salariés et membres du personnel interrogés.Solutions proposées
Pour y répondre, l'étude recommande notamment de développer la formation interne, le tutorat et l'apprentissage. Adapter le temps de travail des seniors, évoqué par 41,5 % des personnes interrogées, constitue également une piste pour encourager le maintien en emploi et la transmission des compétences.