Dans la région d’Aceh, située dans le nord de l’Indonésie, les conséquences des graves inondations et glissements de terrain survenus en novembre 2025 sont toujours en cours de traitement. L’organisation Masyarakat Pernaskahan Nusantara (Manassa), dédiée à la préservation des manuscrits historiques, a recensé 520 manuscrits touchés répartis dans neuf districts ou villes de la province. En collaboration avec l’UIN Ar-Raniry, une université locale, ainsi que la Bibliothèque nationale d’Indonésie, des conservateurs et des chercheurs s’emploient à sauver ce qui peut l’être et à élaborer un plan pour faire face à de futures catastrophes. Les manuscrits endommagés ne proviennent pas tous d’une seule source : ils sont dispersés parmi des particuliers, des organisations et des collections publiques. Cette dispersion implique que la première étape consiste à inventorier et évaluer l’état de chaque document avant de décider de la meilleure façon de les traiter.
Hermansyah, président de Manassa Aceh et professeur de philologie à l’UIN Ar-Raniry à Banda Aceh, explique que les efforts de restauration dépendront du niveau de dégradation subi par chaque manuscrit. Le projet implique le Balai Pelestarian Kebudayaan, une organisation axée sur la préservation culturelle, ainsi que la Bibliothèque nationale d’Indonésie. Sur les 520 manuscrits identifiés, 100 ont été priorisés pour une conservation immédiate, tandis que 50 nécessitent de nouvelles couvertures en raison des dommages subis. L’état des manuscrits restants dépendra à la fois de leur état physique et de la disponibilité des ressources. Hermansyah souligne que certains manuscrits sont trop endommagés pour être réparés.
Pour les manuscrits qui peuvent encore être sauvés, le processus de restauration commence par une manipulation minutieuse. Les conservateurs ouvrent délicatement les pages collées par l’eau, les nettoient, puis les sèchent à l’aide d’équipements spécialisés. Une manipulation rapide ou négligente pourrait causer des dommages supplémentaires, comme des pages déchirées ou la perte de texte. Ces étapes sont soigneusement documentées par les spécialistes impliqués dans le processus.
L’ampleur de la catastrophe est devenue évidente à la fin du mois d’août 2025. Une étude collaborative impliquant l’agence nationale indonésienne BRIN, Manassa, la Bibliothèque nationale d’Indonésie et la Faculté d’Adab et Humaniora de l’UIN Ar-Raniry a révélé qu’au moins 520 manuscrits étaient touchés dans neuf districts ou villes d’Aceh. Depuis lors, l’attention s’est élargie au-delà de la simple restauration des manuscrits : les chercheurs travaillent à la création d’un protocole pour protéger le patrimoine documentaire des futures catastrophes hydrologiques. Entre le 25 et le 31 août, une approche expérimentale a été testée, incluant une chambre de séchage portable, modulaire et économique, conçue pour une utilisation directe dans les zones touchées.
Aris Riyadi, conservateur à la Bibliothèque nationale d’Indonésie, souligne que cette nouvelle méthode de séchage est plus facile à transporter que les équipements de lyophilisation généralement utilisés pour les documents humides. Avant toute restauration, il insiste sur la nécessité d’évaluer rapidement les dommages et de sécher les manuscrits en fonction de leur état. En mai 2026, 130 manuscrits ont été traités par cinq conservateurs de la Bibliothèque nationale, qui ont travaillé à l’UIN Ar-Raniry sur des documents appartenant à des particuliers de Pidie Jaya et d’Aceh Utara, deux régions touchées par les inondations. Les équipes ont observé les effets d’une humidité élevée, notamment la prolifération de moisissures, des pages collées entre elles et un affaiblissement du papier.
Imam Supangat, responsable de l’équipe de conservation à la Bibliothèque nationale, a décrit une procédure adaptée à chaque manuscrit. Après avoir identifié les dommages, les manuscrits ont été séchés dans une chambre, les parties manquantes ont été comblées, les pages trop acides ont été neutralisées, et les pages détachées ont été recousues. Des couvertures et des boîtes de stockage ont ensuite été ajoutées avant que les manuscrits ne soient rendus à leurs propriétaires. À Aceh, une part importante du patrimoine écrit reste entre les mains des familles et des communautés plutôt que dans des collections institutionnelles.
L’UIN Ar-Raniry prévoit de constituer une base de données exhaustive des manuscrits d’Aceh, ainsi que ceux de l’archipel indonésien dans son ensemble. Le programme, mené en collaboration avec le BRIN, vise à faire de l’université un centre de recherche sur les manuscrits anciens et à élaborer des recommandations applicables ailleurs en Indonésie. La catastrophe de 2025 a donné lieu à deux initiatives majeures : restaurer les centaines de manuscrits endommagés et préparer un protocole pour faire face à de futures catastrophes, afin de s’assurer que l’eau ne dicte pas le dernier mot dans la préservation du patrimoine culturel indonésien.
Les manuscrits d'Aceh en récovery après les inondations de 2025, les efforts de conservation s'étendent
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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