Des retards en douane frappent les cosmétiques français

Jusqu'à 15 % des produits de certains fabricants français de cosmétiques seraient bloqués en douane en Chine, selon Marc-Antoine Jamet, président de Cosmetic Valley. Le problème est lié aux mesures françaises contre la mode ultra-rapide et les petits colis, que Pékin avait qualifiées en juillet de source de « contre-mesures » si les intérêts de ses entreprises étaient lésés.

Le marché chinois, vital pour les cosmétiques français

La Chine est le deuxième marché des cosmétiques français, avec 1,8 milliard d'euros d'exportations l'an dernier, sur un total de 22,4 milliards d'euros pour l'ensemble de la filière. En juillet, le ministère chinois du Commerce avait accusé la France d'imposer des restrictions « discriminatoires » aux plateformes chinoises de commerce électronique transfrontalier au moyen de sa loi contre la mode ultra-rapide.

La France défend sa position environnementale

Paris a rejeté ces accusations et défendu cette mesure, présentée comme environnementale et destinée à réguler les pratiques de la mode ultra-rapide. Toutefois, le problème n'est plus purement théorique : les plateformes chinoises sont visées par les mesures françaises, et les entreprises françaises rencontrent à leur tour des difficultés en Chine.

Les tensions commerciales dépassent le secteur de la mode

La polémique autour de la loi française a fait monter le risque de voir les tensions commerciales s'étendre au-delà du débat sur la mode rapide. Une mesure visant à augmenter le prix des vêtements vendus par certaines plateformes chinoises pourrait avoir sa première conséquence commerciale visible : compliquer l'accès au marché chinois pour les produits des entreprises françaises.

Les cosmétiques français face à plusieurs pressions

Les intérêts français en Chine dépassent largement le secteur textile, les parfums et les cosmétiques y occupant une place considérable. Les seules exportations françaises de cosmétiques vers la Chine ont représenté 1,8 milliard d'euros l'an dernier, soit une part importante des 22,4 milliards d'euros d'exportations de la filière. Le secteur subit également les droits de douane imposés par les États-Unis, ce qui rend les entreprises françaises très tournées vers l'exportation et exposées aux tensions commerciales à la fois américaines et chinoises.

Les retards en douane, signe d'un risque croissant

Pour l'instant, ce sont des retards en douane, et non une interdiction d'importation, mais le chiffre avancé par Cosmetic Valley, soit environ 15 % des produits de certains membres bloqués, donne une première mesure du risque. Il intervient surtout quelques mois après que Pékin a publiquement averti Paris qu'il prendrait des contre-mesures si la loi française nuisait aux entreprises chinoises. La bataille française contre la mode ultra-rapide pourrait ainsi commencer à se répercuter loin des rayons de vêtements.