Les candidats évitent le porte-à-porte

Les candidats à l'élection présidentielle française évitent largement la campagne directe et en face-à-face à l'approche du scrutin, préférant se concentrer sur les réunions, les apparitions télévisées et les entretiens avec la presse. Cette approche contraste avec les vastes efforts de terrain observés lors des campagnes passées, comme celle de Nicolas Sarkozy en 2007, au cours de laquelle il était allé directement à la rencontre des électeurs.

Mélenchon et d'autres utilisent des stratégies alternatives

Jean-Luc Mélenchon, chef de La France insoumise, s'est surtout appuyé sur les réseaux sociaux et de grands rassemblements publics, comme celui de Clermont-Ferrand au début du mois d'octobre. Édouard Philippe, candidat d'Horizons, s'est récemment rendu à Charleville-Mézières pour évoquer les politiques familiales, tandis que Marine Le Pen, représentant le RN, est restée relativement discrète sur le terrain depuis sa dernière visite à Hénin-Beaumont en septembre 2022, préférant se concentrer sur les événements du parti.

Inquiétudes concernant la sécurité et la réaction du public

Henri Guaino, ancien conseiller de Sarkozy, et Bruno Millienne, ancien conseiller en communication de François Bayrou, estiment que le climat politique actuel rend risqué le contact direct avec les électeurs, évoquant le risque d'images négatives et d'hostilité du public. Raphaël Glucksmann, candidat du camp social-démocrate, a subi des perturbations lors de ses visites de campagne, qu'il attribue à une hostilité organisée de la part de La France insoumise.

Sécurité et gestion des ressources

Les responsables de campagne invoquent également la nécessité de préserver leur énergie et leurs ressources, la campagne présidentielle étant décrite comme épuisante. Benoît Hamon, candidat socialiste en 2017, a souligné l'importance du repos après le premier tour. Patrick Mennucci, ancien directeur de campagne, a noté que les candidats réservent souvent leur énergie pour les dernières semaines de la campagne.

Les initiatives de Gabriel Attal

Gabriel Attal, candidat de Renaissance, fait figure d'exception : il va régulièrement à la rencontre du public grâce à des initiatives comme « 1 000 bistrots », où il rencontre des électeurs dans les cafés. Cette démarche n'a toutefois pas sensiblement amélioré ses intentions de vote. Les sondages indiquent que des candidats comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui n'ont jamais exercé de fonction politique, sont en tête, Le Pen obtenant entre 31 et 33,5 % et Mélenchon entre 15,5 et 16,5 % dans les enquêtes récentes.

Des événements imprévisibles pourraient changer la dynamique

Malgré la prudence actuelle, l'historien David Bellamy estime que des événements inattendus pourraient redynamiser la campagne. Emmanuel Macron, bien qu'en tête des sondages, a pris un risque en se rendant dans une usine d'Amiens pour échanger avec des salariés, malgré le risque de réactions hostiles. Ses actes ont été perçus comme courageux, même s'ils ont mis mal à l'aise son équipe de sécurité. Reste à savoir si de telles initiatives audacieuses seront reproduites cette année.