L’exécution prévue de Christa Pike dans l’État américain du Tennessee mercredi 30 septembre a échoué, selon ses avocats et des témoins. Pike, qui devait devenir la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux siècles, a reçu une injection létale mais aurait continué à respirer et à ronfler après le protocole. Ses avocats ont indiqué que l’exécution a rencontré « des difficultés d’accès aux veines, des veines rompues, du pentobarbital dégradé et l’absence de soins médicaux d’urgence ». Pike reçoit désormais des soins médicaux dans un hôpital.
La Cour suprême des États-Unis avait autorisé l’exécution quelques heures plus tôt, annulant une suspension accordée par une cour d’appel fédérale qui avait initialement reporté l’exécution. La cour d’appel souhaitait du temps pour examiner un recours de la défense lié aux antécédents de violences sexuelles subies dans l’enfance par Pike, que l’État du Tennessee a reconnus pour la première fois lors d’une audience en août.
Pike a été condamnée à mort en 1996 pour le meurtre de sa camarade de classe de 19 ans, Colleen Slemmer, en 1995. Ses deux complices, également des adolescents à l’époque, ont échappé à la peine de mort. Les avocats de Pike ont fait valoir que des circonstances atténuantes, notamment ses antécédents de traumatismes et de problèmes de santé mentale, n’avaient pas été suffisamment prises en compte lors de son procès.
La dernière exécution d’une femme aux États-Unis était celle d’Amber McLaughlin dans le Missouri en 2023, qui était également la première femme transgenre exécutée dans le pays. Depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis, représentant à peine plus de 1 % de l’ensemble des exécutions, selon le Death Penalty Information Center (DPIC).
L’exécution de Pike devait être la 30e de l’année aux États-Unis, dont 16 ont eu lieu en Floride. Selon certaines informations, il s’agissait de la deuxième exécution ratée dans le Tennessee cette année. L’incident a suscité des appels à une enquête, le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, ayant annoncé une enquête et reporté la prochaine exécution prévue dans l’État.
Les avocats de Pike ont souligné que la tentative d’exécution « a rapidement mal tourné », la laissant dans un état de « souffrance inutile ». Ils ont déposé une requête d’urgence auprès de la Cour suprême du Tennessee, demandant l’arrêt immédiat de la procédure, invoquant la durée prolongée de la tentative et les souffrances supplémentaires qu’elle a entraînées.
Aux États-Unis, les exécutions ratées ne sont pas rares : plus de 3 % des exécutions enregistrées entre 1890 et 2010 ont échoué. L’injection létale présente le taux d’échec le plus élevé (7,2 %) parmi les méthodes d’exécution, suivie par le gaz (5,4 %) et la pendaison (3,12 %). Des cas notables incluent celui de Romell Broom, dont l’exécution par injection létale dans l’Ohio a échoué en 2009, entraînant une longue bataille juridique avant sa mort due au COVID-19 en 2020.
Malgré l’échec de l’exécution, la condamnation à mort de Pike reste valable sur le plan juridique. Le Tennessee pourrait éventuellement recourir à l’électrocution comme méthode alternative si une seconde tentative d’injection létale était jugée inconstitutionnelle. Cependant, aucune grâce n’a été accordée en raison d’un échec lors d’une première tentative d’exécution depuis 1976.
L'exécution de Christa Pike en Tennessee échoue, suscite des préoccupations juridiques et éthiques
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Sources d'origine :
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