Une réplique culte de la comédie française, « C’est cela, oui », est née d’un incident réel et est devenue le symbole de la politesse passive-agressive.
Un film devenu un classique de la comédie française
En 1982, Le Père Noël est une ordure entre dans les salles obscures et devient un véritable phénomène. Après avoir attiré 1,5 million de spectateurs au cinéma, le film de Jean-Marie Poiré se transforme rapidement en film culte, puis en classique de la comédie française.Scènes culte et répliques mythiques
Porté par la troupe du Splendid, avec notamment Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Anémone et Gérard Jugnot, le film regorge de scènes cultes et de répliques savoureuses. En effet, s'il existe un monument de la comédie corrosive, c'est bien Le Père Noël est une ordure.Origine de la célèbre réplique
Et au panthéon de ses répliques, le fameux « C’est cela, oui... » murmuré par Thierry Lhermitte occupe une place à part. Moins d'un demi-siècle après sa sortie, cette courte phrase est devenue l'arme absolue de l'ironie polie. Mais d'où vient ce bijou de condescendance, et pourquoi nous fait-il toujours autant rire ?Le contexte de la réplique
Pour bien saisir la saveur de « C'est cela, oui », il faut revenir au chaudron de détresse humaine qu'est la permanence parisienne de Détresse Amitié, la veille de Noël. Face à l'hystérie collective qui monte, entre Zézette et son caddie, Félix et son pistolet, et Katia, travesti dépressif, le personnage de Pierre Mortez, interprété par Thierry Lhermitte, oppose un flegme bourgeois absolument hilarant.Une source d'inspiration bien réelle
Si la réplique sonne si juste, c'est qu'elle a été puisée dans la vraie vie, et plus précisément auprès de l'agent historique de la troupe du Splendid, un certain Georges Lambert. Patrice Leconte, réalisateur des Bronzés et compagnon de longue date de la troupe, a révélé cette savoureuse origine sur le plateau de C à vous en 2023.L'impact durable de la réplique
Le génie de cette réplique tient à sa formidable plasticité. Elle est entrée dans le langage courant parce qu'elle met des mots sur une attitude universelle : l'apparence de la politesse qui masque une indifférence totale ou un scepticisme courtois. Dire « C’est cela, oui », c'est signifier à son interlocuteur : « Je vous écoute, je ne crois pas un mot de ce que vous dites, vous m'agacez profondément, mais mon éducation m'interdit de vous frapper. »Un écho culturel
C'est le triomphe du style français passif-agressif, l'élégance du mépris enveloppée dans un faux accord. Aujourd'hui encore, au bureau ou lors des dîners de famille, qui n'a pas glissé un « C’est cela, oui » pour clore un débat stérile avec un collègue un peu trop sûr de lui ? C'est toute la force du Splendid : avoir transformé une petite faille en coulisses en miroir éternel de nos lâchetés quotidiennes. La réplique apparaît même dans la bouche d'un certain Dr Denfer, dans la saga Austin Powers.