L'Arc de Triomphe à Paris honore 660 militaires dont les noms sont gravés, révélant des récits de batailles et la complexité de la mémoire historique.
Les noms de l'Arc de Triomphe
L'Arc de Triomphe, à Paris, porte 660 noms gravés sur ses quatre piliers, répartis en 40 colonnes. Ces noms sont principalement ceux de militaires de la Première République (1792-1804) et du Premier Empire (1804-1815). Un nom souligné indique un officier tué au combat.Le pilier nord
Le pilier nord compte 165 noms, soit un quart du total. On y trouve notamment Pierre Banel, tué lors de l'attaque du château de Cosseria le 13 avril 1796, et Martial Beyrand, tombé à Castiglione le 3 août.La colonne 28 et sa signification
La colonne 28 comprend les noms de personnes décédées entre 1796 et 1814, et un gros plan permet de découvrir les circonstances de leur mort. La colonne 18 contient le nom de Michel de Beaupuy, général de brigade tué lors de la bataille d'Emmendingen, ainsi que celui de Caulaincourt, général de division tué à la Moskova le 7 septembre 1812.Des noms répartis dans différentes colonnes
D'autres noms figurent dans la même colonne, notamment François Auguste Damas, Léonard Jean Aubry Huard de Saint-Aubin et Claude Antoine Compère. Tous trois sont morts le même jour, mais sont inscrits dans des colonnes différentes. La colonne 17 mentionne Jean Charles Abbatucci, tué pendant le siège de Huningue, et Jean-Baptiste Cervoni, mort à Eckmühl le 22 avril 1809.Un classement par points cardinaux
Les noms sont regroupés selon les quatre points cardinaux. Le pilier nord représente notamment le nord de la France, le Bas-Rhin et les Pays-Bas. Le nom le plus ancien cité est celui de Dampierre, tué à Raismes le 8 mai 1793, tandis que le plus récent est celui de Jean-Pierre Béchaud, tombé à Orthez le 27 février 1814.Erreurs et homonymes
Les noms soulignés ne sont pas toujours exacts, car certaines personnes citées ont été mortellement blessées plutôt que tuées au combat. Les homonymes prêtent également à confusion, comme le nom de Boyer, qui désigne Jean Baptiste Nicolas Henry Boyer, mortellement blessé à Freyburg et mort à Leipzig le 30 octobre 1813, et non Joseph Boyer de Rebeval, décédé en 1822.Généraux exclus et choix politiques
Selon Arnauld Divry, auteur d'un livre consacré à ces inscriptions, six généraux retenus le 6 février 1836 par Saint-Cyr-Nugues, dont Aubert-Dubayet et Escorches de Sainte-Croix, n'ont pas été inscrits sur l'Arc. Les généraux guillotinés, comme Luckner, Houchard, Custine ou Biron, figurent en revanche sur l'Arc, un choix qui, selon Divry, s'adresse aux modérés et aux royalistes.La tombe du Soldat inconnu
À l'approche du 11 novembre, l'attention se porte sur la tombe du Soldat inconnu. Son cercueil a été déposé dans la chapelle du premier étage de l'Arc le 10 novembre 1920, puis transféré à sa dernière demeure le 28 janvier 1921. La dalle porte l'inscription « Ici repose un soldat français mort pour la patrie 1914-1918 » : un seul homme, anonyme, sous une voûte où 660 autres sont nommés.