Le secteur avicole sénégalais fait face à de nouveaux défis alors que des investisseurs étrangers comme Charoen Pokphand envisagent d'entrer sur le marché, suscitant l'inquiétude des producteurs locaux.
Le secteur avicole sénégalais se développe avec l'intérêt local et étranger
Le secteur avicole sénégalais connaît une expansion grâce à une forte demande intérieure et à des restrictions d'importation sur certains produits. Ces politiques ont aidé les producteurs locaux à renforcer leurs capacités, tout en attirant l'attention d'investisseurs étrangers.Une entreprise indonésienne envisage d'entrer sur le marché sénégalais
L'entreprise indonésienne d'agroalimentaire Charoen Pokphand réalise une étude de faisabilité en vue de s'implanter sur le marché avicole sénégalais. Cette information a été annoncée par Alex Rudini Sulaiman, coordinateur des affaires économiques à l'ambassade d'Indonésie à Dakar, lors d'un forum d'affaires à South Tangerang. Cette démarche s'inscrit dans la stratégie plus large de l'Indonésie visant à encourager ses entreprises à investir dans la fabrication en Afrique de l'Ouest.Impact potentiel des investissements étrangers
Charoen Pokphand est présent à différents niveaux de la chaîne d'approvisionnement avicole, notamment la production d'aliments pour animaux, l'élevage de poussins et la transformation de la viande. Toutefois, le segment précis du secteur avicole que l'entreprise cible au Sénégal, ainsi que l'ampleur d'un éventuel investissement, demeurent flous.Les producteurs locaux expriment leurs inquiétudes face aux nouveaux projets
Le secteur avicole sénégalais se montre déjà méfiant à l'égard des investissements étrangers. L'Interprofession avicole sénégalaise (IPAS) a exprimé ses inquiétudes quant aux risques liés aux nouveaux projets dans les régions de Thiès et de Diourbel. Il s'agit notamment d'une future ferme de un million de poules pondeuses, prévue à Thiès par des investisseurs chinois, et d'un projet similaire porté par des investisseurs brésiliens à Diourbel. L'IPAS avertit que de telles augmentations de la capacité de production pourraient déstabiliser le marché et nuire aux petits producteurs.Les investissements locaux stimulent la croissance du secteur
Malgré les craintes liées à la concurrence étrangère, les entreprises locales investissent massivement pour accroître leur production. En juin 2026, La Ripaille a signé un accord d'investissement de 1,3 milliard de francs CFA (environ 2,226 millions de dollars américains) pour développer ses activités de production de poules pondeuses et de reproduction. Plus tôt, en novembre 2025, Gade Gui a obtenu un prêt de 2,5 milliards de francs CFA pour construire une ferme de poules pondeuses d'une capacité de plus de 80 millions d'œufs par an.Une demande croissante et des défis à venir
La consommation de viande de poulet au Sénégal augmente de 8 à 10 pour cent chaque année. Le pays maintient également, depuis 2005, une interdiction d'importation de volailles vivantes, de viande et d'œufs. Si ce marché protégé offre des opportunités aux investisseurs, il pose aussi des défis en matière d'équilibre entre production, distribution et durabilité des activités locales. L'arrivée potentielle de Charoen Pokphand pourrait marquer une nouvelle étape pour le secteur, bien que son impact exact demeure incertain.