Alors que l’intelligence artificielle s’intègre de plus en plus aux pratiques d’écriture, le débat sur la paternité des œuvres s’intensifie. La question n’est plus de savoir si une IA a touché au texte, mais qui décide, qui porte cette décision et qui en assume la responsabilité. Selon un rapport, le jury du Prix des Deux Magots a adopté une position ferme contre les œuvres coécrites avec une IA, insistant sur la paternité de l’œuvre et la valeur du geste d’écriture. Quelques semaines plus tôt, Haruki Murakami soulignait ce qui, selon lui, distingue encore le romancier de la machine : la capacité à produire l’inattendu.
Le vrai problème, pour certains, ne réside pas dans l’utilisation de l’IA, mais dans la pratique consistant à demander à une machine de produire presque intégralement un texte, à le survoler rapidement, puis à le publier sous un nom humain en laissant croire que ce nom en est l’unique origine. Cette approche, selon ses détracteurs, encourage une littérature de rendement : produire davantage, plus vite, à moindre coût, dans un paysage textuel déjà saturé. Pourtant, une autre vision suggère qu’utiliser l’IA non pour éviter d’écrire, mais pour complexifier l’écriture – en lui demandant de repérer les faiblesses d’un argument ou de défendre une position opposée – pourrait s’avérer plus productif.
Nicolas, créateur de Atypikal Life, propose une voie plus nuancée. Plutôt que d’opposer frontalement l’écriture humaine et l’IA, il interroge la transparence, la responsabilité et ce que l’auteur choisit – ou refuse – de déléguer. Chez Atypikal Life, une IA nommée Céline joue un rôle éditorial clairement identifié : elle rédige certains textes sous son propre nom de publication et dialogue avec la voix de l’auteur. Cette séparation des voix semble plus fertile que leur fusion clandestine.
Certains auteurs, comme Olivier Torres – dont le premier roman doit paraître en autoédition –, ont intégré l’IA à leur travail. Il a passé huit mois à produire son livre : apprendre les principes de narration, rédiger le plan à la main, créer tous les personnages et leurs arcs, puis enseigner sa voix à l’IA. Celle-ci a ensuite rédigé les scènes à partir de ce contenu, qu’il a retravaillé, supprimant les tics de langage qui n’étaient pas les siens. Il estime que, bien qu’il ne soit pas un écrivain traditionnel, son livre correspond à 100 % à ce qu’il voulait produire.
D’autres, comme Edco, estiment en revanche que l’IA n’est pas la solution et que son utilisation peut mener à une dispersion sous diverses influences, au détriment de sa propre idée. Il considère que l’IA ne sert à rien et qu’il n’est pas temps d’ajouter à l’état actuel de la planète avec de tels outils. Edco souligne également l’impact environnemental de l’IA et les risques de manipulation intellectuelle.
Le débat reste ouvert. Certains plaident pour plus de transparence et des exigences accrues envers l’auteur, non pas seulement en demandant « Avez-vous utilisé une IA ? », mais « Qu’avez-vous refusé de lui confier ? » Cette question met l’accent sur le processus plutôt que sur le seul produit final.
Le rôle émergent des auteurs à l'ère de la collaboration avec l'intelligence artificielle
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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