Le vol de câbles de recharge pour véhicules électriques progresse en France

En France, le vol de câbles de recharge dans les stations de recharge situées sur les autoroutes est en hausse, laissant des conducteurs de véhicules électriques bloqués au milieu de la nuit. Avec des millions d'euros de dégâts et des réactions d'entreprises comme Engie Vianeo et Kempower, ce nouveau problème n'a pas encore atteint son pic. On compte déjà 427 plaintes liées au vol de câbles de recharge, pour un préjudice cumulé estimé à 9 millions d'euros. Certains réseaux évoquent des centaines de stations visées, et des coûts de réparation qui explosent. Les conducteurs découvrent souvent le problème au dernier moment, en bord de route.

Le vol de cuivre alimente la crise

Au cœur de cette vague de vols de câbles sur les bornes de recharge, on retrouve toujours le même métal : le cuivre, surnommé « or rouge ». Son prix atteint jusqu'à dix euros le kilo chez certains ferrailleurs, un niveau qui attise la convoitise. Or, les câbles des bornes rapides en contiennent beaucoup, parfois plusieurs kilogrammes pour un seul point de recharge. Pour un voleur, quelques minutes suffisent à emporter un butin revendable plusieurs centaines d'euros.

Les coûts pour les exploitants sont considérables

Pour les exploitants de bornes de recharge, la facture n'a rien d'anecdotique. Le remplacement et la réparation peuvent atteindre 8 000 euros par point de recharge, sans compter l'électronique parfois endommagée lorsque le câble est coupé à la hâte. Dans certains cas, la facture grimpe très vite : 52 câbles volés dans les Bouches-du-Rhône ont représenté environ 120 000 euros, huit stations touchées à Lieusaint, en Seine-et-Marne, ont généré près de 260 000 euros de dégâts, tandis qu'une série d'une quinzaine de vols autour de Toulouse a été estimée à 300 000 euros. Engie Vianeo, qui exploite des bornes de recharge rapide, fait état d'une perte d'environ 350 000 euros liée à ces vols répétés.

Les méthodes des voleurs se propagent

Sur l'A62, près de Toulouse, le vol coordonné de câbles a rendu simultanément 14 bornes de recharge rapide Engie Vianeo hors service. Certains conducteurs ont dû appeler une dépanneuse, faute de pouvoir recharger sur place. Les voleurs ciblent volontiers les stations les moins fréquentées la nuit, où ils peuvent agir vite, parfois avec une simple meuleuse portative. Des séries d'attaques ont été signalées en Seine-et-Marne, dans le Nord, en Occitanie ou dans les Bouches-du-Rhône. Les méthodes circulent rapidement : lors d'interpellations récentes, certains suspects ont expliqué avoir appris les techniques de repérage et de découpe rapide des câbles directement via des tutoriels sur TikTok. Parallèlement, un gang spécialisé a frappé au moins 650 stations depuis le début de l'année, pour plus de 14 millions d'euros de dégâts, soit un coût moyen d'environ 20 000 euros par station.

Exploitants et pouvoirs publics réagissent

Face à cette spirale, les exploitants et les pouvoirs publics serrent progressivement les rangs. Engie Vianeo affirme avoir trouvé « un modèle de câble impossible à couper », selon Challenges, pour équiper ses stations les plus exposées. Certains fabricants, comme Kempower, misent sur des traceurs liquides invisibles appliqués sur les câbles : en cas de coupure, le produit marque les mains, les vêtements et les outils des voleurs, détectable plus tard sous lumière ultraviolette et résistant au lavage. Les réseaux renforcent également la vidéosurveillance, installent des capteurs de détachement et coopèrent davantage avec la police.

Actions judiciaires et débats politiques

La justice commence elle aussi à se montrer plus ferme sur ce sujet. Le tribunal d'Évry-Courcouronnes a ainsi condamné un auteur de vol de câbles de recharge à 12 mois de prison aménagés sous bracelet électronique, et son complice à 12 mois avec sursis probatoire. Une décision qui illustre la volonté d'alourdir les sanctions, tandis que des organisations professionnelles comme MOBILIANS alertent sur la multiplication de ces attaques dans certains départements. Sur le plan politique, la question de la traçabilité du cuivre et du contrôle des ferrailleurs a été posée au Sénat, afin de compliquer l'écoulement de ce métal volé.

Conseils aux conducteurs pour éviter les désagréments

En attendant que ces mesures produisent leurs effets, les conducteurs peuvent adopter quelques réflexes pour limiter les mauvaises surprises sur la route : consulter, avant le départ, les applications de recharge, les photos et les commentaires récents afin de vérifier qu'une station n'a pas été vandalisée ; prévoir une solution de recharge de secours à proximité, notamment pour les longs trajets ou lorsque la marge d'autonomie est faible ; en cas de câble volé ou endommagé, éviter toute manipulation, noter l'identifiant de la borne et prévenir immédiatement l'exploitant via le numéro d'assistance indiqué ; diversifier, si possible, les lieux de recharge (domicile, travail, bornes en courant alternatif où l'on utilise son propre câble), afin de dépendre moins d'une seule station de recharge rapide.