Construction et coût du tremplin

Le tremplin de 90 mètres de Saint-Nizier-du-Moucherotte a été construit entre juillet 1966 et janvier 1967 pour les Jeux olympiques d'hiver de Grenoble. Le projet a nécessité 280 000 mètres cubes de terrassement et coûté 5,9 millions de francs, financés à 80 % par l'État et à 20 % par la ville de Grenoble.

Épreuve olympique et utilisation ultérieure

Le tremplin a accueilli l'épreuve olympique le 18 février 1968, en présence d'au moins 50 000 spectateurs. Il a également accueilli deux épreuves de la Coupe du monde FIS en 1980 et 1981, avant d'être abandonné à la fin des années 1980. La commune de Saint-Nizier-du-Moucherotte compte aujourd'hui 1 162 habitants, selon les données de l'INSEE de 2023.

Conception architecturale et entretien

Le tremplin a été conçu par l'architecte Pierre Dalloz et deux autres concepteurs, à partir d'un inventaire du ministère de la Culture. La construction a impliqué le coulage de béton par temps froid, et les travaux de finition se sont poursuivis jusqu'à l'été 1967. Le site a reçu le label « Architecture contemporaine remarquable » en 2003, mais il reste dans un état de délabrement faute de fonds pour son entretien.

Retrait des anciens projecteurs

Fin septembre 2018, une tonne de projecteurs installés en 1968 sur la falaise des Trois Pucelles, au-dessus du tremplin, ont été retirés par l'association Mountain Wilderness et l'association des guides. Fixés à la roche depuis 50 ans, ces projecteurs étaient devenus le symbole de l'abandon du site.

Efforts de préservation et projets

Depuis 2024, l'association Plein d'Élan travaille à un projet de sauvegarde mené par l'avocat grenoblois Arnaud Dollet. Une convention de partenariat avec la commune a été signée en juillet 2024, puis prolongée en décembre. La ville a également publié une étude en décembre 2024, et l'association organise des événements culturels pour faire connaître l'histoire du monument.

Pistes de réhabilitation proposées

Les pistes de réhabilitation proposées comprennent la transformation de la tour du tremplin en belvédère accueillant un musée consacré aux Jeux de 1968, la conversion des tribunes officielles en hébergements de location saisonniers, et l'utilisation de la tour des juges comme restaurant. Arnaud Dollet souligne que certaines parties de la structure sont en bon état, mais que le tremplin lui-même est plus dégradé.

Étude patrimoniale et événements artistiques

La première phase du projet consiste en une étude patrimoniale visant à déterminer les caractéristiques essentielles de la structure avant le début de tout travail. En attendant, le site ouvre ponctuellement ses portes à des événements artistiques. Une manifestation artistique a eu lieu le 5 juillet 2025, et une autre intitulée « L'art au tremplin » s'est tenue les 30 et 31 mai 2026, avec des expositions, des installations et un marché des créateurs.

Défis financiers à venir

Le principal défi consiste à convaincre les élus du Vercors de la faisabilité financière du projet. Une commune de seulement 1 162 habitants ne peut pas financer seule un projet d'une telle ampleur. La réussite des efforts de préservation dépendra de la capacité de l'association à obtenir des financements publics et privés.