La France réduit le cadmium dans les engrais plus rapidement que prévu, avec des limites plus strictes d'ici 2030 pour limiter les risques sanitaires liés à la contamination alimentaire.
La France resserre les limites de cadmium dans les engrais
Le gouvernement français a annoncé des baisses des teneurs en cadmium dans les engrais phosphatés plus tôt que prévu, avec de nouvelles limites fixées pour 2027, 2028 et 2030. Les nouvelles règles visent à réduire la teneur en cadmium à 60 mg par kilogramme en 2027, 40 mg/kg en 2028 et 20 mg/kg en 2030.Les préoccupations sanitaires motivent le changement
Cette décision fait suite à des alertes sanitaires et à des études mettant en évidence l'exposition de la population française au cadmium, principalement par l'alimentation. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait déjà souligné l'ampleur de cette exposition, tandis que des études de Santé publique France ainsi qu'une lettre ouverte de médecins libéraux adressée au Premier ministre en 2025 ont insisté sur les risques sanitaires liés au cadmium.La France est en retard par rapport aux normes européennes
La limite française actuelle pour le cadmium dans les engrais est de 90 mg/kg, alors que l'Union européenne applique depuis quatre ans un seuil de 60 mg/kg. Certains pays, comme la Hongrie et la Finlande, appliquent déjà une limite plus stricte de 20 mg/kg. Toutefois, le calendrier de réduction en France pourrait être ajusté en fonction de contraintes technologiques, économiques et d'approvisionnement.Le cadmium reste dans les sols longtemps après la réduction
Réduire la teneur en cadmium des engrais permet de limiter les apports nouveaux dans les sols, mais cela n'élimine pas le cadmium déjà présent, qui peut persister dans les sols pendant des décennies et continuer de contaminer les cultures. L'acidité des sols, leur type et les variétés cultivées influencent l'ampleur de la contamination.Des experts proposent d'autres solutions
Le Dr Pierre Souvet, président de l'Association Santé Environnement France (ASEF), suggère d'explorer d'autres pistes, comme la réduction de la fertilisation azotée de certains sols, qui peut augmenter leur acidité et ainsi favoriser le passage du cadmium vers les plantes.Les choix alimentaires peuvent réduire l'exposition au cadmium
Des aliments comme le pain, les céréales, les pâtes et les pommes de terre restent des sources importantes de cadmium. Pour réduire l'exposition, il est recommandé d'adopter une alimentation variée, de limiter la consommation de produits à base de blé ainsi que de céréales sucrées et salées, et de réduire la consommation d'aliments les plus contaminés par le cadmium, notamment les abats, les coquillages, les algues et le chocolat. Introduire davantage de légumineuses dans les repas et varier l'origine des aliments peuvent également aider à limiter l'apport en cadmium.