La jeune compagnie de théâtre Le Rire d'Ariane explore des thèmes politiques et féministes à travers des spectacles audacieux et immersifs comme 07 83 63 54 73.
Une compagnie qui présente deux pièces
Cécilia Jaillet et Mélodie Fourmeaux, fondatrices de la jeune compagnie Le Rire d'Ariane, présentent actuellement leurs deux premières créations : Martine au viol au Théâtre de la Reine Blanche et 07 83 63 54 73 au Théâtre 13. Cette dernière a reçu le Prix du Jury T13, une distinction décernée dans le cadre du festival du Théâtre 13.Le théâtre comme espace politique
La compagnie anime un laboratoire d'écriture et de jeu où le théâtre devient un terrain de combat politique. Les deux artistes, qui se sont rencontrées au lycée Vaugelas de Chambéry, co-écrivent et mettent en scène leurs pièces, faisant preuve d'une efficacité redoutable et d'une réflexion aiguë.Le parcours des fondatrices
Cécilia Jaillet a grandi dans le milieu du Off d'Avignon, grâce à sa grand-mère qui vit au Pontet. Adolescente, elle a ensuite travaillé avec différentes compagnies avant d'intégrer l'ENSATT à Lyon. Là-bas, elle a eu des enseignantes exceptionnelles, comme Pauline Peyrade et Marion Aubert, qui ont contribué à façonner son rapport à l'écriture et au théâtre.La genèse de la première pièce
Martine au viol a été la première création de la compagnie, réalisée avec des moyens limités et sans financement de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Elle a été programmée dans le Off d'Avignon, à La Manufacture, puis au festival d'Aurillac, où elle a été vue par plus de mille personnes.Une vision artistique
Les artistes attribuent la poursuite de leur réussite à la confiance que l'équipe artistique et les comédiens qui les entourent accordent à leur projet politique. Ils souhaitent défendre la voix d'une femme qui peut d'abord paraître bourgeoise, contradictoire, profondément antiféministe, voire fasciste, afin d'interroger les contradictions intimes des êtres humains.Les thèmes de la deuxième pièce
Leur deuxième pièce, 07 83 63 54 73, repousse plus loin les limites du théâtre documentaire et de la performance immersive. Elle s'inspire de la vie de Douce, une jeune travailleuse du sexe de 20 ans qui propose ses services sur un site d'escorting.Une implication personnelle dans la pièce
Le titre, 07 83 63 54 73, est le numéro de téléphone personnel de Cécilia Jaillet, qu'elle a rendu public afin d'intégrer dans le dispositif théâtral des réactions, des appels et des messages venus du monde réel. Le texte de la pièce est une accumulation brute de messages authentiques reçus pendant plusieurs semaines, qui met en lumière la répétition et l'accumulation de la violence verbale ordinaire subie par les travailleuses du sexe.Distinctions et obstacles
Le texte a été récompensé par Artcena et la JLAAT, et le Prix du Jury T13 devait contribuer à accélérer la diffusion de la pièce. Toutefois, la plupart des théâtres qui soutiennent les prix T13 ne programmeront pas la pièce, ce qui révèle la réticence de certains directeurs de théâtre.La résistance politique par l'art
Pour Jaillet et Fourmeaux, créer du théâtre dans des conditions économiques aussi précaires relève également d'une résistance politique, la preuve qu'une écriture affranchie des conventions peut encore émerger dans le théâtre contemporain.