À Homs, en Syrie, Mustafa Khaled Alwan, 72 ans, a récemment retrouvé plusieurs centaines de livres qu’il avait cachés à la fin de l’année 2011, lorsque le gouvernement avait intensifié sa répression contre le soulèvement. Selon son récit partagé avec l’AFP, plus de 90 % de la collection a survécu malgré la guerre, les bombardements et des années d’absence. La maison où les livres étaient dissimulés avait subi d’importants dégâts, mais les étagères étaient restées intactes derrière la maçonnerie. Alwan est retourné à Homs après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 et a découvert le bâtiment gravement endommagé et l’intérieur calciné. Pourtant, derrière la maçonnerie, les livres avaient résisté.
La collection comprend des centaines de titres couvrant les enseignements islamiques, la poésie, les œuvres scientifiques et des textes sur des questions sociales. Parmi les auteurs figurent Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans, et Sayyid Qoutb. Certains de ces auteurs auraient pu mettre leur propriétaire en danger, car les Frères musulmans étaient sévèrement réprimés sous Hafez al-Assad. La loi syrienne n° 49, promulguée en 1980, rendait l’appartenance aux Frères musulmans passible de la peine de mort, selon Amnesty International. Sous Bachar al-Assad, le contrôle sur les imprimés s’est encore renforcé, avec le décret n° 50 de 2001 qui a imposé des réglementations strictes sur les journaux, les livres et autres supports imprimés, comme l’a souligné Human Rights Watch.
Lorsque les protestations contre le régime se sont intensifiées en 2011, Alwan craignait que son soutien à l’insurrection ne mette également ses livres en danger. Homs était devenue un foyer majeur de contestation et avait subi une répression particulièrement brutale. À la fin de l’année, il a transféré ses livres dans une maison récemment achetée pour son fils. « Personne ne savait que j’étais propriétaire de cette maison », a-t-il confié à l’AFP. « Des partisans de la révolution sont venus m’aider, et nous avons construit un mur » pour cacher les ouvrages, a-t-il ajouté. Peu après, Alwan a quitté Homs en raison du siège. La ville a alors été lourdement bombardée. Les livres sont restés derrière le mur, inaccessibles et soigneusement dissimulés. Lorsqu’il a enfin commencé à le démolir, le septuagénaire a décrit un « mélange de peur et d’espoir ». De l’autre côté, les étagères étaient toujours là : « plus de 90 % » de ce qui avait été caché était intact, selon son estimation. Les livres ont ensuite été rapportés chez lui.
L’histoire a commencé à circuler dans les médias arabophones quelques jours plus tôt. Dès le 17 septembre, Al Jazeera a partagé une vidéo (via X) montrant Mustafa Alwan en train de démolir le mur. Les médias ont rapporté que les livres appartenaient à son fils Bilal, un détail qui diffère du compte-rendu ultérieur de l’AFP, lequel décrit la collection comme appartenant à Mustafa Khaled Alwan. Cependant, les deux versions s’accordent sur le lieu — Homs — et sur la dissimulation des livres en 2011, ainsi que sur leur remarquable préservation.
Cette réapparition des livres s’inscrit dans un paysage syrien du livre profondément transformé depuis décembre 2024. L’AFP note que des ouvrages autrefois interdits sont désormais disponibles en librairie, y compris des récits sur la torture dans les prisons syriennes ou des textes de théologie islamique autrefois prohibés. ActuaLitté avait déjà observé ce changement en février 2026 lors du retour de la Foire internationale du livre de Damas. Des textes religieux, politiques et historiques, autrefois censurés ou risqués à posséder, ont fait leur retour sur les étals. Toutefois, cette libéralisation s’accompagne d’une certaine prudence chez les professionnels du livre.
L’histoire de Homs trouve un écho à Daraya, près de Damas. Pendant le siège de la ville, des habitants avaient récupéré des milliers d’ouvrages dans des bâtiments détruits pour créer une bibliothèque clandestine souterraine. À Homs, le geste a été inverse : au lieu d’extraire des livres des ruines pour les préserver, Alwan les a fait disparaître derrière un mur avant que la guerre ne les atteigne. Pour Mustafa Khaled Alwan, les retrouver « en excellent état » a été, a-t-il confié à l’AFP, « le plus beau moment » de sa vie.
Un Syrien récupère une bibliothèque cachée après 15 ans
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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