Les agriculteurs français délaissent les vignobles au profit des pistaches et des lentilles, face aux défis climatiques et à l'évolution de la demande des consommateurs.
Un agriculteur se tourne vers la culture du pistachier
Amandine Reynard, agricultrice près d'Orange dans le Vaucluse, abandonne peu à peu la vigne pour cultiver des pistaches. Elle explique ce changement par les difficultés liées à la production de vins très alcoolisés, de moins en moins prisés, et par les effets du changement climatique sur la viticulture traditionnelle.Retrouver une méthode ancienne
Les Reynard travaillent avec le syndicat France Pistache pour remettre au goût du jour une méthode de culture du pistachier qui n'était plus pratiquée dans la région depuis environ 200 ans. Ils prévoient de planter de nouveaux pistachiers en 2027, avec l'aide de programmes publics qui soutiennent la diversification agricole.Des pistachiers résistants
Lors d'une récente vague de chaleur, le vignoble des Reynard n'a pas été affecté, mais les pistachiers ont fait preuve de résistance en produisant de nouvelles pousses sans apport d'eau supplémentaire. Cela laisse penser que le pistachier pourrait être une culture mieux adaptée au climat de la région.Les lentilles, une alternative à Castelnau-Valence
À Castelnau-Valence, au nord de Nîmes, Jonathan Altier et Nicolas Dussaud, ainsi qu'un autre viticulteur, cultivent des lentilles à la place du vin. Ils ont choisi cette culture parce qu'elle consomme moins d'eau et contribue à améliorer la qualité des sols, ce qui profite à la culture de la lavande dans la région.Des lentilles plus faciles à cultiver
Les producteurs de lentilles affirment que leur culture est « beaucoup plus facile » que celle du raisin de cuve. Ils ont déjà signé des contrats avec des cuisines centrales locales et cultivent également des pois chiches, une autre légumineuse qui nécessite moins de ressources que la viticulture traditionnelle.Les difficultés financières de la diversification
Malgré le soutien de l'État, les agriculteurs jugent que l'indemnité de 4 000 euros par hectare pour l'arrachage des vignes ne suffit pas à se reconvertir dans de nouvelles cultures. Jérôme Despey, président de la chambre d'agriculture de l'Hérault, souligne la nécessité de débouchés rentables et commercialisables pour assurer la réussite de la diversification.Des récoltes et des contrats variables
Les Reynard prévoient de commencer à récolter leurs pistaches dans quatre à cinq ans, tandis que les producteurs de lentilles ont déjà obtenu de bons résultats et décroché des contrats locaux. Cela montre que si certaines transitions prennent plus de temps, d'autres portent déjà leurs fruits pour les agriculteurs qui adoptent de nouvelles pratiques.