La France doit doubler ses investissements bas-carbone d'ici 2030 pour atteindre ses objectifs climatiques, selon une étude du Trésor. La participation du secteur privé est essentielle.
La France doit accélérer ses investissements bas carbone
Une étude de la Direction générale du Trésor, publiée le 29 octobre, affirme que la France doit fortement augmenter ses investissements bas carbone pour rester sur la trajectoire de ses objectifs climatiques. Le rapport présente différentes stratégies financières, dont des réglementations, des prêts et d'autres outils, pour atteindre ces objectifs.Niveaux d'investissement actuels et objectifs
En 2024, les investissements bas carbone ont totalisé 102 milliards d'euros, tandis que les investissements carbonés ont atteint 107 milliards d'euros. Le Trésor estime que les investissements bas carbone doivent presque doubler d'ici 2030, tandis que les investissements carbonés devraient baisser d'au moins un tiers. Ces chiffres concernent l'ensemble des secteurs de l'économie, et pas seulement les dépenses publiques.Progrès et objectifs futurs
Selon le Trésor, la France a réduit ses émissions territoriales de gaz à effet de serre de 33 % depuis 1990. Pour atteindre son objectif de réduction de 50 % d'ici 2030, le pays doit diminuer ses émissions en moyenne de 5 % par an entre 2026 et 2030, contre 2,5 % ces dernières années. Cela souligne l'effort supplémentaire nécessaire.Stratégie climatique nationale et financement
L'objectif 2030 fait partie de la troisième Stratégie nationale bas-carbone, adoptée en juillet. Cette stratégie fixe des budgets carbone et définit des objectifs propres à chaque secteur. L'étude du Trésor examine les ressources financières nécessaires pour rendre les objectifs climatiques réalisables.Approches financières adaptées
Le rapport identifie trois scénarios de soutien aux investissements. Lorsque les entreprises disposent de ressources suffisantes, la réglementation et les signaux du marché peuvent les orienter. Si le crédit constitue le principal obstacle, des prêts et des garanties sont mobilisés. Si les ressources restent limitées, une aide ciblée peut être nécessaire.Focus sur les défis de l'investissement
L'étude souligne qu'il faut comprendre les freins à l'investissement avant de décider d'un soutien public. Elle s'intéresse en particulier aux domaines comme la décarbonation des entreprises, la rénovation des bâtiments et l'électrification, qui présentent des coûts initiaux et des rendements différents.Le rôle du secteur privé dans la transition
Une stratégie de financement publiée le 9 octobre indiquait que les investissements bas carbone devraient augmenter de près de 82 milliards d'euros par an d'ici 2030 par rapport à 2024. Le secteur privé représente environ 80 % des investissements totaux en France, ce qui signifie que l'État ne peut pas financer seul la transition.Lier décarbonation et sécurité énergétique
Le Trésor relie la réduction des émissions de carbone à une plus grande indépendance énergétique. Il note que la dépendance aux énergies fossiles importées a contribué à hauteur de 46 milliards d'euros au déficit commercial de la France en 2025. Aligner les choix d'investissement des entreprises, des ménages et des pouvoirs publics avec le plan climatique constitue désormais un enjeu majeur.