Les opérateurs télécoms français sont de plus en plus sommés de réduire leurs émissions : leur empreinte carbone augmente malgré la baisse nationale, portée par les data centers et l'extension des réseaux.
Hausse des émissions du secteur des télécoms en France
Malgré la baisse globale des émissions nationales, le secteur français des télécommunications a enregistré une hausse de 1 % de ses émissions de gaz à effet de serre en 2024, atteignant 401 000 tonnes d'équivalent CO2. Cette progression contraste avec la baisse globale de 0,9 % des émissions du pays sur la même période.Les centres de données dominent les émissions numériques
Selon l'enquête 2025 de l'ARCEP Pour une économie numérique durable, les centres de données sont responsables de 46 % de l'empreinte carbone du secteur numérique français. Ce chiffre est nettement supérieur aux 4,4 % attribués aux réseaux, aux boîtiers et aux décodeurs réunis.Tendances de la consommation énergétique des réseaux
La consommation totale d'électricité des réseaux fixes et mobiles en France s'est stabilisée à 4,1 TWh. Toutefois, cette stabilité masque des tendances divergentes : les réseaux mobiles ont vu leur consommation énergétique augmenter de 4 %, en raison de la hausse de la demande de données et du déploiement de nouveaux équipements, tandis que les réseaux fixes ont vu la leur baisser de 16 %, à mesure que les lignes en cuivre sont remplacées par des câbles en fibre optique.Hausse des émissions liées à la fabrication
Les émissions de gaz à effet de serre « incorporées » dans les équipements de réseaux mobiles vendus en France ont atteint 72 000 tonnes d'équivalent CO2 en 2024, soit une hausse de 5 % par rapport à l'année précédente. Ces émissions couvrent l'ensemble du cycle de vie des équipements, de la production à l'élimination, à l'exclusion de la phase d'utilisation.Innovations dans les matériaux de construction
Pour réduire leur impact environnemental, les opérateurs de télécommunications explorent des alternatives aux matériaux traditionnels. Bouygues Telecom met au point des méthodes permettant de réduire de 30 % la quantité de béton utilisée, tandis que des start-ups comme Terra CO2 Technology affirment pouvoir diminuer de 70 % les émissions liées au ciment. Le béton à base de bois est également envisagé comme une option plus durable.Les choix de matériaux impliquent des compromis complexes
Le choix des matériaux pour les infrastructures de télécommunications suppose de concilier l'impact environnemental avec des critères tels que la résistance mécanique, le transport, la maintenance, la durée de vie et la recyclabilité. Ces considérations s'appliquent à l'ensemble des composants, y compris les poteaux, les fondations et l'élimination en fin de vie.Les centres de données accroissent la demande énergétique
Les exploitants français de centres de données ont augmenté leur consommation d'électricité de 12 % en 2024, ce qui a entraîné une hausse de 23 % des émissions de gaz à effet de serre associées. Cette augmentation s'explique en partie par un mix électrique plus carboné et par la croissance de la demande en services numériques.Efforts pour améliorer l'efficacité des centres de données
Pour réduire leurs émissions, les centres de données mettent en œuvre plusieurs mesures : optimisation de la circulation de l'air, isolation des flux d'air chaud et froid, ajustement des réglages de température, utilisation d'équipements plus efficaces et récupération de la chaleur lorsque cela est possible. L'allongement de la durée de vie des équipements et leur réutilisation jouent également un rôle clé dans la réduction de l'impact environnemental.