Dix militants condamnés en Tunisie

Dix militants écologistes tunisiens ont été condamnés à des peines de prison pour avoir participé à une manifestation contre la pollution organisée en 2020 dans la ville côtière de Gabès. La manifestation visait une usine locale de transformation de phosphate, que les habitants accusent de provoquer des problèmes de santé à cause de ses pratiques polluantes.

Des peines variables selon les militants

Selon leur avocat, huit des militants ont reçu des peines de six mois de prison assorties d'un sursis, tandis que les deux autres ont été condamnés à un an de prison. Les militants avaient été arrêtés puis relâchés en 2020, mais pensaient que la procédure judiciaire avait été abandonnée.

Une procédure poursuivie en leur absence

Les militants ont appris cette année qu'ils avaient été condamnés par défaut en 2023, ce qui signifie que le tribunal a rendu sa décision sans leur présence. Ils ont ensuite été rejugés en personne, ce qui a ajouté à la complexité juridique de leur affaire.

Les habitants dénoncent la pollution industrielle

Depuis des années, les habitants de Gabès s'inquiètent des rejets de l'usine, qu'ils associent à de graves problèmes de santé. Des chercheurs ont découvert des substances radioactives dans certains déchets industriels issus du site, ce qui renforce les préoccupations environnementales.

La justice rejette une demande de suspension

En février, la justice a rejeté une demande de suspension des activités de l'usine de phosphate. Cette décision intervient malgré les contentieux juridiques et environnementaux en cours concernant l'impact de l'installation sur la population locale.

La Tunisie veut relancer la production de phosphate

Malgré la controverse, le gouvernement tunisien prévoit de relancer l'industrie du phosphate, qu'il juge essentielle à l'économie nationale. L'objectif est de multiplier par plus de quatre la production de phosphate d'ici 2030, sous l'effet de la hausse de la demande mondiale en engrais.