Une nouvelle plateforme recense les poursuites contre les militants écologistes, révélant une hausse de la répression depuis 2020 et les défis croissants des défenseurs de l'environnement.
Le MSDE lance une base de données juridique pour les militants écologistes
Le Mouvement pour le soutien aux défenseurs de l'environnement (MSDE) a créé une nouvelle plateforme baptisée Relaxes for life, qui recense les affaires judiciaires visant des militants écologistes. Cette base de données vise à aider les avocats en fournissant des informations détaillées sur les procès passés, notamment les chefs d'accusation, les décisions et les peines.La base de données révèle une répression judiciaire croissante
Selon les données recueillies par le MSDE et révélées par Vert, la répression judiciaire à l'encontre des militants écologistes a fortement augmenté depuis 2020. Le MSDE indique que l'État a multiplié les procès, avec près de deux audiences par semaine en moyenne depuis 2023.La plateforme soutient les militants grâce à des ressources juridiques
Face à cette hausse des poursuites, le MSDE s'est attaché à soutenir les militants poursuivis. La plateforme propose des ressources juridiques utiles à leur défense, grâce à l'aide de bénévoles et d'experts en données de Data for good. La base comprend environ 350 affaires depuis 1994, avec des informations complètes à partir de 2020.Les affaires judiciaires témoignent d'une hausse de l'activisme et des poursuites
Les données montrent que, de 2020 à 2026, 860 personnes ont été impliquées dans 303 procédures judiciaires. Le nombre d'audiences a fortement augmenté, passant de 12 en 2020 à 90 en 2025, et 65 ont déjà été recensées entre le 1er janvier et le 15 octobre 2026. Les formes d'activisme sous surveillance ont également évolué au fil du temps.Groupes et chefs d'accusation liés à des actions précises
Entre 2020 et 2023, les affaires concernaient principalement des manifestations contre les retraits des portraits du président Emmanuel Macron à travers la France. À partir de 2023, l'attention s'est déplacée vers des groupes comme Extinction Rebellion, Dernière Rénovation et les militants opposés à l'A69, qui ont pratiqué des blocages de routes, des jets de peinture et une opposition à des travaux publics.Des chefs d'accusation d'une gravité et d'un impact variables
La plupart des chefs d'accusation correspondent aux actions des groupes, comme « entrave à la circulation » ou « dégradation ». Certains militants encourent toutefois des accusations plus graves, comme « séquestration » ou « association de malfaiteurs », qui peuvent entraîner de lourdes peines de prison. Par exemple, des membres de Soulèvement de la Terre ont été poursuivis pour ces infractions après une intrusion dans une centrale à béton.Des peines en légère hausse de sévérité
Le MSDE a élaboré un indice pour mesurer la gravité des décisions judiciaires, allant de 0,5 (acquittement) à 14 (emprisonnement). La note moyenne des condamnations est passée de 7,57 en 2022 à 8,89 en 2024, ce qui correspond à des amendes plus élevées et parfois à des travaux d'intérêt général. Deux affaires notables, en 2025 et 2026, ont abouti à des peines de prison.Les acquittements augmentent malgré la hausse des poursuites
Malgré l'augmentation du nombre d'affaires, le nombre d'acquittements a également progressé. En 2026, 58 % des affaires se sont soldées par un acquittement, selon Data for good. Des membres du MSDE estiment que certaines poursuites sont politiquement motivées et que les accusations manquent souvent de preuves solides.Une répression politiquement sélective
Camille, du MSDE, note que les militants écologistes sont poursuivis pour des actions que les agriculteurs ne le sont pas. Par exemple, huit militants ont été placés en garde à vue pendant 46 heures pour avoir tagué un pont en 2025, alors que des agriculteurs ayant aspergé une préfecture de fumier en 2024 n'ont fait l'objet d'aucune sanction.Des décisions judiciaires reflétant des tensions juridiques et politiques
La liberté d'expression est le motif d'acquittement le plus fréquent, 37 % des affaires ayant été classées pour ce motif. La justice a de plus en plus reconnu le droit de manifester, même si les procureurs cherchent à condamner des actions politiques. Quelques acquittements reposent sur le moyen de défense de « l'état de nécessité », mais il ne s'agit pas encore de décisions de principe.