Une colonne toscane de 25 mètres, conçue comme une fausse ruine, domine un domaine du XVIIIe siècle à Chambourcy, en France, reflet des caprices aristocratiques et de l'innovation architecturale.
Une colonne cannelée à Chambourcy
Une colonne cannelée d'environ 25 mètres de haut, qui ressemble à une entaille géante donnée par une hache, se dresse à Chambourcy, près de la forêt de Marly. Il ne s'agit pas d'une ruine mais d'une maison construite en 1781 pour François Nicolas Henri Racine de Monville, qui s'y installa l'année suivante.Le nom de Désert de Retz
Le Désert de Retz n'est pas un désert mais un domaine de 38 hectares rempli de fausse architecture. Ce nom désignait à l'origine un lieu isolé, propice à la retraite et à la rêverie, et Monville choisit de le conserver en ce sens.L'ambition architecturale de Monville
Monville acheta une maison de campagne à la lisière de la forêt de Marly en 1774 et agrandit progressivement le domaine jusqu'à environ 38 hectares. Il y fit construire entre 17 et 20 fabriques, dont des pavillons et de fausses ruines, inspirées des jardins chinois.Une colonne toscane unique
Parmi ces fabriques, la plus frappante est une colonne toscane, l'ordre architectural classique le plus simple. Monville la fit construire tronquée, avec un sommet biseauté, pour donner l'illusion d'une structure brisée. La colonne mesure environ 25 mètres de haut et 15 mètres de diamètre, bien que ces chiffres soient approximatifs.À l'intérieur de la colonne
À l'intérieur de la colonne, plusieurs étages d'habitation sont disposés autour d'un escalier en colimaçon central. La lumière pénètre par des fenêtres percées dans les cannelures, ce qui préserve l'apparence d'une colonne pleine vue de l'extérieur. Selon certains témoignages, des miroirs renvoyaient dans les pièces la végétation du parc.Un symbole de mode et du temps qui passe
Habiter une ruine fabriquée était une mode dans les jardins européens du XVIIIe siècle, et Monville la poussa à l'extrême en résidant à l'intérieur d'une ruine. Cette conception traduit une fascination pour le passage du temps tout en profitant du confort moderne.L'histoire ultérieure du domaine
Monville vendit le domaine à un Anglais, Lewis Disney Ffytche, vers 1792. Pendant la Révolution française, la propriété fut saisie et tomba en déshérence. En 1950, elle était en ruines, une visite que Colette décrivit dans Pour un herbier.Visiter le site aujourd'hui
Avant de vous y rendre, renseignez-vous sur les conditions auprès de la commune de Chambourcy. Méfiez-vous des chiffres qui circulent : la hauteur, le diamètre et le nombre de pièces ne sont souvent pas vérifiés. Une visite sur place reste le meilleur moyen de se faire sa propre opinion.