En réaction à la mobilisation des lycéens, les autorités ont instauré des restrictions par le biais de décrets préfectoraux et de fermetures d’établissements scolaires, entraînant des arrestations et des détentions massives. Les élèves réclament le droit d’étudier dans des conditions dignes et d’être entendus, mais la réponse des autorités s’est avérée répressive plutôt qu’éducative. De nombreux lycéens ont été arrêtés, certains témoignant de violences policières, comme un élève éborgné, un autre étranglé, ou d’autres encore pris en chasse. Ces incidents soulèvent des questions sur la violence institutionnelle et le manque de moyens ainsi que d’écoute de la part du système éducatif. Les élèves dénoncent l’absence de remplaçants, des bâtiments insalubres, des problèmes de chaudières et de fuites, illustrant une dégradation du service public d’éducation. Leurs revendications sont variées, reflétant des préoccupations et des frustrations accumulées depuis des années. La réponse des autorités, par la répression et la peur, a engendré un message de défiance envers les institutions et une méfiance durable envers l’autorité et l’État. Le traitement réservé aux jeunes oscille entre infantilisation, lorsqu’il s’agit de les « dresser », et suspicion dès qu’ils manifestent. Un collégien de 12 ans a été privé de liberté pendant trois heures avant que sa mère ne vienne le chercher. Les élèves estiment ne pas être sourds ni aveugles, et que la prise de conscience politique naît de l’expérience des inégalités, dès l’école, avec les discriminations subies ou choisies. L’article s’interroge sur le type de jeunesse que la société souhaite : une jeunesse docile, comme à Clichy en 2018, ou une jeunesse émancipée, épanouie, solidaire, fraternelle et libre. Leur combat est aussi celui de leurs enseignants, de leurs familles et des citoyens qui aspirent à un monde désirable et vivable. L’article souligne l’importance de l’écoute et du dialogue comme piliers de la démocratie, affirmant que criminaliser la jeunesse, ce n’est ni l’écouter, ni l’éduquer, ni la prendre au sérieux.