Dans Ki jan nou gaya an Gwadloup, Marlyne Dabrion explore la santé mentale en Guadeloupe, un département français d’outre-mer des Caraïbes, à travers l’usage du créole et la mémoire collective de la région. L’ouvrage, publié par les éditions PLB Éditions et imprimé en Guadeloupe, avait été évoqué pour la première fois dans un article intitulé « Guadeloupe • Société. La santé mentale selon Marlyne Dabrion » sur CCN - Caraïbes Créole News. La santé mentale en Guadeloupe reste un sujet délicat, souvent marqué par le silence, la peur et les incompréhensions.
Marlyne Dabrion est docteure en sciences sociales et infirmière, actuellement en poste comme cadre de santé dans le secteur hospitalier public. Elle a précédemment occupé le poste de directrice adjointe à l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), où elle formait et encadrait des professionnels de santé. Originaire de Guadeloupe, Dabrion s’intéresse aux interactions entre les réalités sociales, la culture et les pratiques professionnelles dans le domaine de la santé.
L’essai s’ouvre sur des conversations du quotidien, où les réponses courantes au salut créole « Kaw fè ? » (Comment ça va ?) sont souvent « Sa kay » (Ça va) ou « An la ka chenbé » (Je tiens le coup). Dabrion explique que ces expressions reflètent une approche culturelle de la persévérance face aux épreuves, mettant en avant la résilience et une règle implicite : ne pas montrer sa faiblesse. Elle souligne une distinction notable : dire « kò la pa bon » (le corps ne va pas) est plus accepté que « tèt la pa bon » (l’esprit ne va pas), ce qui peut entraîner davantage de jugements. En revanche, parler d’un tiers en disant « tèt ay pa bon » (son esprit ne va pas) est plus facile, permettant d’évoquer la souffrance sans recourir à des termes trop durs.
Le mot créole « gaya » désigne un concept large de santé, incluant l’équilibre physique, relationnel, familial, communautaire et social. Être « gaya » signifie endurer et maintenir les liens dans la vie. Le livre de Dabrion invite à considérer la santé mentale non seulement comme une maladie ou un champ réservé à la psychiatrie, mais comme une expérience humaine partagée qui concerne tout le monde. En Guadeloupe, les discussions sur la santé mentale sont influencées par l’histoire coloniale, les inégalités persistantes, les croyances profondément ancrées, ainsi que par des systèmes de soutien familial et communautaire solides qui aident les gens à traverser les moments difficiles. L’essai aborde des thèmes comme la violence, l’inconfort, la solitude, les conflits familiaux, les comportements à risque et l’épuisement psychologique, en examinant comment les gens perçoivent ces enjeux et quelles ressources les aident à tenir. Dabrion relie les expériences uniques de la Guadeloupe à des questions humaines plus larges, se demandant comment les individus peuvent collectivement rester « byen gaya an Gwadloup » (en bonne santé en Guadeloupe).
Un auteur guadeloupéen explore la santé mentale à travers la langue et le contexte culturel créole
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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