Des élèves français manifestent contre le manque d'infirmiers et de psychologues scolaires, dénonçant des conditions dangereuses et des problèmes de santé mentale.
Pénurie de personnel de santé dans les lycées français
Les manifestations lycéennes en France ont mis en lumière le manque d'infirmières et de psychologues dans les établissements, les élèves dénonçant un accompagnement insuffisant pour leur santé et leur bien-être. Au lycée professionnel Hénaff, à Bagnolet, qui compte 1 200 élèves, il n'y a plus d'infirmière depuis le 1er septembre, ce qui laisse les élèves sans aide médicale en cas de blessure ou de malaise.Des risques accrus dans les lycées professionnels
À Hénaff, les élèves des filières professionnelles utilisent des outils dangereux, comme de grandes scies et du matériel de soudure, mais aucun personnel médical n'est là pour intervenir en cas d'accident. Clara, assistante d'éducation (AED) recrutée récemment, explique que l'absence d'infirmière a été constatée dès le premier jour de la rentrée, et que l'établissement est resté sans infirmière pendant quatre mois l'an dernier.Le sentiment d'abandon des élèves
Inès, qui va bientôt avoir 18 ans, raconte que les élèves malades restent souvent en classe ou s'assoient dans un coin, car l'environnement est trop bruyant pour pouvoir s'allonger. Un élève en béquilles doit monter les escaliers pour se rendre en cours, l'ascenseur étant hors service, ce qui illustre les failles du dispositif d'accompagnement de l'établissement.Les infirmières rejoignent la mobilisation
Le recrutement d'infirmières figure parmi les principales revendications des manifestations lycéennes. Le syndicat SNICS, qui représente les infirmiers scolaires, estime qu'il existe environ 7 800 personnels de santé pour 11,6 millions d'élèves, soit à peu près un professionnel de santé pour 1 500 enfants. Les infirmières étaient bien présentes dans les cortèges du 13 octobre, pour soutenir la cause des élèves.Un manque de formation médicale dans les établissements
Marinette, professeure d'anglais et déléguée syndicale à Hénaff, dit appeler souvent les services d'urgence pour de simples blessures, faute de personnel médical. Lorenzo, 17 ans, raconte qu'il s'est coupé une partie du doigt, et qu'un surveillant lui a posé un pansement trop serré, ce qui a entraîné une infection et des douleurs prolongées.Des moyens de premiers secours limités
Les assistants d'éducation, souvent en première ligne, ne sont pas fréquemment formés aux premiers secours. Raffia, AED depuis quatre ans, détaille le contenu des trousses de secours, limité à des pansements, un antiseptique, du sparadrap et des serviettes hygiéniques, et souligne qu'elles ne contiennent ni Biafine pour les brûlures, ni le droit de donner du Doliprane en cas de douleurs au ventre.Des personnels de soutien surchargés
Bilal, 17 ans, porte-parole des blocages au lycée Paul Éluard, s'inquiète de la manière dont il faudrait gérer des urgences comme des problèmes cardiaques ou une crise d'asthme, alors que son lycée compte 2 000 élèves et une seule infirmière à temps partiel. Dans le 93, où beaucoup d'élèves viennent de milieux précaires, l'accès aux soins est limité. Kevin, AED, raconte qu'il a dû accompagner seul un élève en grande détresse psychologique.Bas salaires et manque de personnel
Lilas, infirmière scolaire qui exerce depuis 17 ans, souligne que 17 % des professionnels de santé en milieu scolaire sont contractuels, gagnant souvent le salaire minimum. Le syndicat SNICS réclame la création de 15 200 postes pour garantir une infirmière à temps plein dans chaque établissement. Le gouvernement n'a prévu que 100 postes supplémentaires dans son budget 2027, les dernières créations datant de 2022.La réponse du gouvernement et les besoins persistants
Le ministère de l'Éducation nationale a confirmé la création de 300 postes supplémentaires de psychologues, d'infirmières et d'assistants de service social pour l'année scolaire en cours. Lilas insiste toutefois sur l'objectif principal : que chaque élève puisse accéder à une consultation lorsqu'il en a besoin et bénéficier d'une écoute attentive.