Le lac Nasser, en Égypte, perd chaque année davantage d'eau que n'en apporte la Seine à Paris, suscitant des inquiétudes sur la sécurité hydrique d'un pays aride.
L'évaporation du lac Nasser dépasse le débit de la Seine
Le lac Nasser, un immense lac artificiel situé en Égypte, perd chaque année environ 12 milliards de mètres cubes d'eau par évaporation. Cette quantité est supérieure au débit annuel de la Seine, qui achemine chaque année environ 9,8 milliards de mètres cubes d'eau jusqu'à Paris.Les conséquences de l'évaporation dans une région aride
Dans un pays aussi aride que l'Égypte, les pertes d'eau par évaporation ont de graves conséquences. Le taux élevé d'évaporation du lac Nasser, qui constitue la principale réserve d'eau du pays, menace la capacité de l'Égypte à gérer efficacement ses ressources en eau limitées.L'histoire de la construction du lac Nasser
L'idée de construire un barrage à Assouan revient à Adrian Daninos, un ingénieur né en Grèce, après la révolution de 1952. Son projet visait à maîtriser les crues du Nil, à produire de l'électricité et à créer un système de stockage de l'eau permettant à l'Égypte de gérer ses réserves pendant les périodes de crue comme de sécheresse.Le rôle du lac Nasser dans la sécurité hydrique de l'Égypte
Le haut barrage d'Assouan, achevé en 1971, a joué un rôle crucial dans la protection de l'Égypte contre la sécheresse et la famine. Pendant les crues de 1979 à 1987, le barrage a permis de retenir près de 70 milliards de mètres cubes d'eau, ce qui renforce son statut de « réserve d'eau » de l'Égypte.Les pertes d'eau vers l'ouest et les nouveaux fleuves potentiels
Le lac Nasser perd également de l'eau vers l'ouest, où le trop-plein s'accumule dans des dépressions désertiques. Le géologue Mohamed Sultan a suggéré que cela pourrait donner naissance à un second Nil. En 1998, des astronautes ont repéré le premier des lacs de Toshka, qui, à leur apogée, couvraient environ 1 450 kilomètres carrés.Les efforts pour réduire l'évaporation
En 2021, des scientifiques ont proposé d'installer des panneaux solaires flottants sur le lac Nasser afin de réduire l'évaporation. L'ombrage du lac pourrait réduire les pertes d'eau de 70 %, soit une économie d'environ 8,4 milliards de mètres cubes par an. Toutefois, couvrir ne serait-ce que la moitié du lac représenterait un défi technique considérable.