Le traumatisme persiste dans les commerces de Montpellier

Dans les commerces du centre-ville de Montpellier, le traumatisme des violences du 17 octobre est encore présent, près d'une semaine plus tard. Les images des pillages restent gravées dans les esprits, et certains comptent encore les dégâts tout en se battant avec leurs compagnies d'assurance pour obtenir une indemnisation.

Incertitude face aux risques à venir

Beaucoup craignent que des événements similaires ne se reproduisent. Un gérant de café, victime de dégradations le 17 octobre, n'a pas encore décidé s'il ouvrirait samedi. Il affirme qu'il dira à son équipe de ne pas venir si les risques sont trop importants.

Les commerçants se préparent à d'éventuels troubles

Alain Simon, gérant des magasins de jouets Pomme de Reinette et Pomme d'Api, dans le quartier de l'Écusson, prévoit d'ouvrir normalement samedi, comme il l'a fait la semaine précédente. Il précise toutefois que les magasins pourraient fermer si les problèmes s'aggravent. Il pense que les difficultés seront moindres que la semaine dernière, faisant remarquer que les services de l'État ont peut-être pris des précautions contre de nouveaux incidents, tout en reconnaissant qu'on ne peut pas exclure d'éventuelles altercations.

Les mesures de protection des commerces se multiplient

Alain Simon n'a rien prévu de particulier, mais il raconte que certains de ses confrères ont renforcé leurs rideaux métalliques et installé des planches de bois pour condamner leurs vitrines. Les commerçants qui prennent de telles mesures font des efforts financiers importants, explique-t-il, mais la destruction des magasins rend la reprise difficile, voire impossible.

Les conséquences des violences pour toute la ville

Laurent Roy, gérant d'un magasin et président de l'association Montpellier Jeu de Paume, également vice-président de la Fédération française des associations de commerçants, décrit des vitrines couvertes de panneaux de bois et d'acier, créant une atmosphère proche de celle d'un état de siège. Il souligne que de telles mesures sont nécessaires au vu du niveau de violence subi, même si l'incertitude demeure quant à ce qui pourrait se passer.

Forte hausse de la demande en panneaux de protection

Une entreprise de l'Hérault spécialisée dans la pose de panneaux de bois pour protéger les vitrines a vu sa demande exploser, avec de nombreux appels et demandes de devis. L'artisan est actuellement en route pour Odysseum, où des gérants de magasins lui ont demandé d'installer des dispositifs de protection. Même des quartiers situés à plusieurs kilomètres du centre-ville, où une manifestation pourrait avoir lieu malgré l'interdiction de la préfecture, voient des habitants se barricader.