La France change encore l'heure

Dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, la France a reculé ses horloges d'une heure, relançant le débat annuel sur l'heure d'été. Ce changement s'inscrit dans la pratique régulière du pays, qui consiste à modifier l'heure deux fois par an pour l'accorder aux variations saisonnières de la durée du jour.

Une expérience historique sur le temps

Cet événement rappelle une expérience bien plus radicale menée sur la mesure du temps en 1793, pendant la Révolution française. La Convention nationale instaura une nouvelle façon de découper la journée, dans le cadre du calendrier républicain, qui visait à uniformiser les mesures dans toute la France.

Le système décimal de l'heure

La Convention nationale décréta une journée de 10 heures, chaque heure divisée en 100 minutes, et chaque minute elle-même divisée en 100 secondes. Ce système, introduit par un décret d'octobre 1793, visait à simplifier la mesure du temps et à l'harmoniser avec le système métrique, qui était alors également en cours d'établissement.

Conversions et effets

Une heure décimale équivalait à 2 heures et 24 minutes dans le système traditionnel, et la journée entière comptait 100 000 secondes décimales, contre 86 400 secondes dans le système traditionnel. Midi, dans ce système, tombait à 5 heures décimales, et un rendez-vous fixé à 3 heures décimales correspondait à 7 h 12 du matin.

Les horlogers s'adaptent

Les horlogers réagirent en fabriquant des montres à double cadran, capables d'afficher à la fois l'heure décimale et l'heure traditionnelle. Cela permettait aux gens de suivre le temps selon les deux systèmes, reflet de la période de transition pendant laquelle l'heure décimale était en usage.

La fin de l'heure décimale

L'obligation de l'heure décimale fut suspendue le 7 avril 1795, après 197 jours. Si le système métrique parvint à uniformiser les mesures, l'heure décimale fut finalement abandonnée, même si certaines communautés continuèrent de l'utiliser à des fins officielles pendant plusieurs années encore.

Un héritage à Paris

À Toulouse, le Capitole conserva une horloge décimale, et aux Tuileries, deux des quatre cadrans affichaient l'heure décimale jusqu'en 1801 au moins, soit six ans après la fin de l'obligation. Cela montre que le système d'heure décimale a laissé une empreinte durable dans certaines régions de France, même après son abandon officiel.

Comparaison avec le changement d'heure actuel

Le contraste avec le changement d'heure actuel est frappant : avancer ou reculer les aiguilles de 60 minutes deux fois par an conserve la même seconde, la même minute et la même heure, contrairement à la refonte radicale des unités de temps tentée par la Convention nationale en 1793.

Une fin incertaine pour l'heure décimale

Une incertitude demeure : pour les Tuileries, les sources mentionnent 1801 « au moins », ce qui laisse ouverte la date à laquelle les deux cadrans décimaux ont effectivement cessé d'indiquer l'heure aux Parisiens. Cette incertitude illustre la complexité du suivi de la transition entre l'heure décimale et l'heure traditionnelle.