La France passera à l'heure d'hiver le 25 octobre 2026, une pratique instaurée en 1976 mais désormais jugée contre-productive sur le plan économique.
La France passe tôt à l'heure d'hiver
La France passera à l'heure d'hiver le 25 octobre 2026, la date la plus tôt possible, ce qui marque le premier changement de l'année. Cette date correspond au dernier dimanche d'octobre, conformément à une règle fixée par l'Union européenne en 1998.Les origines dans le choc pétrolier de 1973-1974
La pratique consistant à modifier l'heure des horloges deux fois par an a été instaurée en 1976 en réponse au choc pétrolier de 1973-1974, lorsque le prix d'un baril de pétrole a quadruplé. L'objectif était de réduire la consommation d'électricité en alignant les activités humaines sur la lumière naturelle du jour.Une évolution des habitudes de consommation d'énergie
La consommation d'énergie a beaucoup changé depuis les années 1970. L'éclairage ne représente aujourd'hui que 5 à 10 % de la consommation d'électricité des ménages, contre plus de 30 % autrefois. Le chauffage et la climatisation pèsent désormais bien plus lourd dans les factures d'énergie.Le coût économique du changement d'heure
Plusieurs études montrent que le changement d'heure ne permet plus d'économiser de l'énergie. Le passage à l'heure d'hiver augmente la consommation de chauffage le matin, puisque le soleil se lève plus tard, ce qui annule les économies réalisées grâce à un éclairage réduit le soir. Les entreprises consomment également davantage d'énergie pour maintenir des températures confortables lors des matinées plus sombres.Effets sur la santé et la productivité
Les changements d'heure ont des effets directs sur la santé, avec une hausse des incidents cardiovasculaires après le passage. Les perturbations du sommeil réduisent la concentration et la productivité, en particulier chez les parents de jeunes enfants et les personnes âgées. Ces effets ne sont pas seulement personnels : ils ont aussi des conséquences économiques.Un soutien public à l'abandon de la pratique
En 2018, 4,6 millions d'Européens ont participé à une consultation publique sur le changement d'heure, dont 84 % se sont prononcés en faveur de sa suppression. Le Parlement européen a voté en 2019 la fin de cette pratique, avec un objectif de mise en œuvre en 2021. Cependant, le Conseil de l'Union européenne n'a pas encore approuvé de solution permanente.Une impasse politique et des coûts persistants
Malgré le vote du Parlement, le Conseil de l'Union européenne reste bloqué : les pays du Nord préfèrent l'heure d'hiver, tandis que ceux du Sud privilégient l'heure d'été pour le tourisme. Le dossier a été mis en suspens pendant la pandémie de Covid-19, laissant en place le système actuel. Les coûts annuels pour les entreprises, liés à l'adaptation de leurs systèmes et à la gestion des perturbations, ne cessent d'augmenter.Une tradition française qui se poursuit en 2026
Le 25 octobre 2026, les Français reculeront leurs horloges à 3 heures du matin, perpétuant une tradition qui a survécu à sa raison d'être initiale. Cette pratique, instaurée en 1976, est aujourd'hui critiquée pour son caractère économiquement contre-productif et pour l'absence de solution politique.