Bilan de l'hiver 2025-2026

Entre octobre 2025 et avril 2026, Santé publique France a recensé 1 906 décès mentionnant la Covid-19, sur un total d'environ 213 000 décès toutes causes confondues. Cela représente 0,9 % de la mortalité globale de la saison, un chiffre qui peut paraître modeste au premier abord.

Baisse des cas graves

La saison a également compté 194 cas graves admis en réanimation, contre 326 lors de l'hiver précédent, une baisse notable. Du côté des établissements sanitaires et médico-sociaux, qui accueillent une part importante des personnes âgées les plus vulnérables, 954 épisodes de cas groupés de Covid-19 ont été signalés.

L'âge n'est pas le seul facteur

Il serait tentant de s'arrêter là et de conclure que l'âge avancé suffit à expliquer ces 96 % de décès parmi les personnes de plus de 65 ans. Après tout, le vieillissement s'accompagne souvent d'un système immunitaire moins réactif et de pathologies associées qui affaiblissent l'organisme. Mais cette explication, sans être fausse, reste incomplète.

Des variants non plus dangereux

Autre hypothèse souvent avancée lorsqu'un pic de décès survient : la circulation d'un variant plus agressif que les précédents. Pourtant, les données épidémiologiques de la saison 2025-2026 ne la confirment pas. La diminution du nombre de cas graves en réanimation, de 326 à 194, suggère plutôt une évolution comparable, voire moins sévère, de la circulation virale.

Une couverture vaccinale en recul

C'est ici que les chiffres deviennent véritablement révélateurs. La couverture vaccinale contre la Covid-19 chez les 65 ans et plus n'a atteint que 16,8 % lors de la campagne 2025-2026, soit un recul d'environ cinq points par rapport à l'année précédente, un chiffre que Santé publique France juge même probablement sous-estimé.

Hausse de la couverture antigrippale

Pour comparaison, cette couverture s'élevait encore à 30,2 % à la fin de la campagne 2023-2024. En deux saisons, la protection vaccinale des personnes les plus à risque s'est donc nettement érodée. Fait intéressant, la vaccination antigrippale, elle, a progressé, atteignant 56,7 % chez les plus de 65 ans, soit une hausse de trois points, la première depuis la pandémie.

Statut vaccinal des personnes décédées

En croisant les profils des personnes décédées avec les données de couverture vaccinale, une tendance nette se dégage : la majorité des décès concerne des personnes âgées insuffisamment protégées, plutôt que des personnes âgées bien vaccinées qui auraient malgré tout succombé.

Rappel vaccinal recommandé

L'analyse des 1 906 décès de l'hiver 2025-2026 montre que le déficit de vaccination est bien le principal facteur de mortalité liée à la Covid chez les plus de 65 ans, ce qui justifie cliniquement le rappel vaccinal à l'automne 2026. En effet, l'actualité récente confirme que le virus n'a pas disparu des radars.

Réponse du ministère de la Santé

Les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 chez les adultes ont augmenté de 22 % entre le 21 et le 27 septembre 2026, soit 114 passages supplémentaires en une seule semaine. Malgré ce signal, le ministère de la Santé a choisi, début octobre, de ne pas avancer la campagne vaccinale, estimant que les indicateurs globaux ne justifiaient pas une telle anticipation.

Le lancement de la campagne vaccinale

La campagne commune contre la grippe et la Covid-19 a néanmoins débuté le 13 octobre en France métropolitaine, aux Antilles et en Guyane, conformément aux recommandations officielles. Pour les personnes de plus de 65 ans, et plus largement pour leur entourage, cette fenêtre de vaccination représente une occasion concrète de corriger la trajectoire après deux saisons de couverture en baisse.

Un geste de prévention à privilégier

En définitive, ces chiffres racontent une histoire assez simple, derrière leur apparente complexité statistique : la protection vaccinale demeure, pour les organismes les plus fragiles, une barrière bien plus déterminante que l'âge inscrit sur la carte d'identité. Prendre rendez-vous pour ce rappel n'relève donc pas d'un simple réflexe administratif, mais d'un geste de prévention qui peut, très concrètement, faire pencher les statistiques du bon côté.