Le coût d’entrée dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en **France** est élevé : une chambre seule dans ce type de résidence coûte généralement entre 2 000 et 3 000 euros par mois. Ce montant dépasse souvent la pension mensuelle moyenne de 1 705 euros brut perçue par de nombreux résidents. Les familles sont invitées à comparer les établissements pour réaliser des économies pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par mois, les tarifs variant considérablement. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), une place en Ehpad non autorisée à l’aide sociale à l’hébergement (ASH) coûte en moyenne 97,60 euros par jour, contre 62,30 euros pour une place autorisée, soit près de 1 000 euros de différence par mois. Dans les établissements publics, le tarif journalier s’élève à environ 60 euros. Les prix sont souvent affichés sous forme de tarifs journaliers, ce qui peut prêter à confusion pour les personnes peu familiarisées avec le calcul du coût total. Pour obtenir la facture mensuelle, il faut multiplier le tarif d’hébergement (incluant la chambre, les repas, l’entretien et les activités) par 30 ou 31, puis ajouter le tarif de dépendance (aide pour s’habiller, les toilettes, etc.), qui peut dépasser 600 euros par mois avant déduction de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Des prestations supplémentaires, comme le téléphone, la télévision, la blanchisserie, les sorties ou la manucure, peuvent également entraîner des frais supplémentaires. Les familles doivent aussi se méfier des agences de placement, qui peuvent recommander certains établissements moyennant une rémunération. Une aide financière méconnue est la dotation soins, versée directement par l’assurance maladie à l’établissement. Son montant varie selon le profil du résident, ses besoins en soins et les caractéristiques de l’Ehpad. Dans certains Ehpad de l’Essonne, cette dotation dépasse 75 euros par jour pour un résident en hébergement permanent. Une autre forme d’aide est l’APA en établissement, versée par le département aux personnes de plus de 60 ans en situation de dépendance. Cette allocation finance une partie du tarif de dépendance et peut atteindre jusqu’à 500 euros par mois pour les personnes les moins autonomes disposant de faibles ressources. Jusqu’au 31 décembre 2026, 23 départements expérimentent un nouveau modèle de financement des soins et de la dépendance via une allocation globale unique, principalement à la charge de l’assurance maladie. L’APA en établissement est supprimée et, en contrepartie, une participation de 6,16 euros par jour est demandée au résident en 2026. Cette allocation pourrait être généralisée à tous les départements à partir de 2027. Une troisième forme d’aide est l’aide au logement versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA), généralement limitée à quelques dizaines d’euros par mois. La quatrième et la plus importante est l’ASH, qui permet de financer le séjour en établissement lorsque les ressources d’une personne ne suffisent plus à couvrir ses frais d’hébergement. Si les ressources du résident, celles de ses proches soumis à l’obligation alimentaire, ainsi que les autres aides ne sont pas suffisantes, l’ASH, prise en charge par les départements, peut intervenir. Fin 2022, 114 600 personnes âgées en bénéficiaient, soit environ 15 % des résidents en établissement. La demande d’ASH doit être déposée dans les deux mois suivant l’entrée en établissement auprès d’un centre communal d’action sociale (CCAS) ou d’une mairie, qui la transmet au conseil départemental. Cependant, une demande déposée alors que la personne dispose encore d’économies suffisantes pour financer son séjour peut être rejetée. Jusqu’à 90 % des revenus du résident peuvent être mobilisés pour financer son séjour, avec un minimum de ressources laissé à sa disposition, fixé à 125 euros par mois en 2026. Le département peut demander une participation aux personnes soumises à l’obligation alimentaire, comme le conjoint, les enfants et, dans certains cas, les gendres et belles-filles. Depuis la loi Bien vieillir du 8 avril 2024, les petits-enfants ne sont plus concernés par cette obligation dans le cadre d’une demande d’ASH pour une personne âgée. Certains enfants peuvent être exonérés si leur parent a gravement manqué à ses obligations envers eux. Le département évalue la participation pouvant être demandée à chaque personne soumise à l’obligation alimentaire selon sa propre grille. En cas de désaccord ou de refus, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour fixer cette obligation. La facture n’est pas automatiquement répartie à parts égales entre les enfants, car les revenus, les charges et la composition du foyer sont pris en compte. Le département chargé du versement de l’APA et de l’ASH est celui du lieu de résidence où la personne a vécu au moins trois mois avant son entrée en établissement, et non celui de l’Ehpad où elle réside. L’ASH constitue une avance récupérable par le département, soit du vivant du bénéficiaire si sa situation s’améliore, soit après son décès, sur sa succession. Le département recouvre sa créance sur l’actif net de la succession, après déduction des autres dettes. Si la succession s’élève à 100 000 euros et que la créance atteint 40 000 euros, ce montant est prélevé avant le partage ; les 60 000 euros restants reviennent aux héritiers. L’ASH peut donc réduire, voire absorber, l’héritage attendu. En revanche, elle ne peut pas s’imputer sur les économies personnelles des enfants ou des petits-enfants. Si la succession risque d’être insolvable, les héritiers peuvent y renoncer ou l’accepter à concurrence de l’actif net pour éviter de payer les dettes sur leurs biens personnels. Il est conseillé de consulter un professionnel en droit des successions avant d’effectuer des actes pouvant constituer une acceptation.