Procès d'une Française radicalisée islamiste

Vanessa Bérard, une Française accusée de liens avec l'islamisme radical, comparaît en justice pour son rôle dans le départ de ses enfants vers la Syrie et pour son intention présumée de faire de son fils un combattant de l'État islamique. Cette affaire a attiré l'attention sur le sort des enfants de jihadistes étrangers affiliés à Daech.

Le fils aîné raconte des conditions difficiles

Le fils aîné de Bérard, qui a presque 18 ans, a témoigné à Paris des conditions brutales qu'il a connues en Syrie. Il a décrit cet environnement comme « la jungle », où le fait de ne pas suivre les ordres de l'EI pouvait entraîner l'emprisonnement ou la mort, avec des zones spécifiques réservées à la torture et aux exécutions. Il a déclaré : « C'est comme ça que c'était dans ma vie. J'ai grandi comme ça. »

Le séjour de la famille en Syrie et son retour

Selon le parquet, Bérard, décrite comme particulièrement radicale, a emmené son fils et sa fille de deux ans en Syrie à la fin de l'année 2013. Le fils a été rapatrié en octobre 2022, après avoir passé plus de trois ans dans des camps destinés aux familles de jihadistes étrangers, à la suite de la chute de l'EI. Sa plus jeune sœur, en revanche, n'est pas rentrée avec lui. Elle a été tuée lors d'un bombardement de leur maison en 2017, avec une sœur née en Syrie.

La réaction de la mère face à la mort de sa fille

Bérard a informé le père de la mort de leur fille par messages, affirmant qu'elle était « mieux là où elle est maintenant » et suggérant qu'en France, elle « serait devenue prostituée ». Le fils, blessé par des éclats d'obus en 2018, a décrit avoir été témoin de violences horribles en Syrie, notamment de membres arrachés et d'exécutions publiques. Il a reconnu avoir participé à certains de ces événements lorsqu'il était enfant.

Un recrutement incertain dans les camps de l'EI

L'enquête n'a pas permis de confirmer si le fils a été recruté dans les « Lions de Daech », un programme de recrutement d'enfants par l'EI. Un enquêteur a qualifié cette partie du dossier de « floue ». Bérard affirme que le voyage en Irak visait à protéger son fils de la violence de son mari jihadiste, le Tunisien Hamza Bentayeb. Toutefois, l'environnement familial était également marqué par des maltraitances, les enfants étant « battus tous les jours » par Mohamed Skalab, l'ex-mari de Bérard, qui a quitté Daech en 2014.

Violences et tensions familiales

Le fils a raconté avoir été frappé par Skalab et Bentayeb, notamment lors d'un incident où il a tenté de défendre sa mère contre les violences et a été « projeté contre le plafond ». Le beau-père de Bérard l'a un jour enfermée dans une salle de bains avec sa plus jeune sœur lors d'une brève visite en France, en 2014. Malgré ces maltraitances, Bérard a exprimé des remords : « Je lui ai volé son enfance », et « Je suis coupable de tout ce qu'il a vécu ».

Un héritage maternel contrasté

Bérard peine à convaincre de sa sincérité lorsqu'elle évoque ses liens avec l'EI, mais elle se montre émue lorsqu'elle parle de ses enfants. Son fils refuse de « ternir son nom », affirmant qu'elle « a toujours été là pour nous, elle a toujours subvenu à nos besoins ». Tout en reconnaissant le passé de sa mère, il a déclaré que cela « ne justifiait pas d'y aller », ajoutant toutefois : « c'est fini, c'est fini ».

La réflexion du fils et le sort de la mère

Le fils a relevé que ses amis restés en France avaient eu de la « chance », mais que ce n'était pas son cas. Il a affirmé avoir eu « la chance de revenir ici vivant ». À 38 ans, Bérard encourt une possible peine de réclusion criminelle à perpétuité pour les crimes qui lui sont reprochés.