Une formation met en lumière les causes environnementales du cancer

Un nouveau programme de formation de l'université Aix-Marseille porte sur les causes environnementales du cancer. Il vise à aider les internes en oncologie à mieux comprendre la prévention et à agir sur elle. Cette initiative cherche à élargir les connaissances des étudiants en médecine, au-delà d'un enseignement centré sur les traitements.

Un expert insiste sur les facteurs qui dépassent les habitudes individuelles

Pierre Sujobert, professeur impliqué dans la formation, a souligné que le cancer n'est pas uniquement causé par des comportements individuels, comme le tabagisme ou les mauvaises habitudes de vie. De nombreuses personnes qui mènent un mode de vie sain développent tout de même un cancer, ce qui révèle le rôle d'autres facteurs.

Un cours lancé par un cardiologue et militant

La formation a été initiée par Pierre Souvet, cardiologue et cofondateur de l'association Santé Environnement France. Il a proposé ce cours après avoir sollicité le doyen de la faculté de médecine de l'université Aix-Marseille, afin d'y associer les étudiants en pneumologie et en oncologie.

Les médecins se concentrent davantage sur le traitement que sur la prévention

Anthony Goncalves, chef du service d'oncologie, a relevé que la formation médicale se concentre souvent sur le traitement du cancer plutôt que sur sa prévention. Les oncologues choisissent fréquemment leur spécialité pour participer activement au traitement des maladies, plutôt que pour en explorer les causes.

Des facteurs environnementaux liés à la hausse des cas de cancer

Pierre Sujobert a souligné que le nombre de cancers pédiatriques augmente, alors que les enfants ne sont pas généralement exposés au tabac ni aux facteurs liés à l'âge. Il estime qu'une focalisation exclusive sur les comportements évitables peut faire oublier le rôle des causes environnementales.

Les sources de pollution identifiées par un spécialiste

Alexis Cortot, du service de pneumologie et d'oncologie thoracique du CHU de Lille, a énuméré plusieurs sources environnementales de pollution, notamment les feux de chauffage au bois, la fumée de cuisson, la circulation automobile sur les autoroutes et les incendies de forêt.

Des pesticides liés à certains cancers

Malgré d'importants progrès dans les traitements, le nombre de cancers continue d'augmenter. Les pesticides ont été identifiés comme un facteur de risque avéré du myélome multiple et des lymphomes, selon des experts médicaux.

Les facteurs environnementaux gagnent en attention ces dernières années

Pierre Sujobert a indiqué qu'il y a cinq ans, ses cours ne traitaient pas des produits chimiques utilisés dans l'agriculture, alors que le lien entre ces substances et le cancer était déjà connu. Les récentes lois sur l'agriculture et l'environnement l'ont rendu plus conscient de l'importance de ces facteurs.

Les internes interrogent désormais sur l'exposition environnementale

Amelia Negre, interne âgée de 28 ans, a déclaré que la formation l'avait incitée à interroger ses patients sur une éventuelle exposition environnementale. Ce changement reflète une prise de conscience croissante, chez les professionnels de santé, du rôle de l'environnement dans la santé.

Hausse des cas de cancer et usage des pesticides vont de pair

Depuis 1990, le nombre de cas de cancer en France a doublé, en parallèle d'une forte hausse de l'utilisation des pesticides. Pierre Sujobert a fait remarquer avec humour que prouver les effets des pesticides exigerait une étude impraticable portant sur 1 000 volontaires en bonne santé.

Les données sur les facteurs environnementaux sont crédibles

Anthony Goncalves a expliqué que, si le niveau de preuve concernant l'exposition environnementale n'est pas aussi élevé que pour les traitements, les études portant sur les populations exposées aux pesticides sont crédibles et doivent être prises en compte.

La formation fournit des outils pour dialoguer avec le public

Clémence Quere, interne en oncologie âgée de 28 ans, a déclaré que la formation lui avait donné les outils pour répondre aux questions du public et lui avait fourni une bibliographie complète pour approfondir le sujet.

Les preuves existantes appellent à agir

Anthony Goncalves a insisté sur la nécessité d'agir sur la base des données actuelles plutôt que d'attendre davantage de données. Il a également indiqué que, si un cancer est lié au travail, le coût du traitement est pris en charge par les employeurs via le système de Sécurité sociale.

Une prise de conscience ancienne des cancers professionnels

François Eisinger, ancien oncologue, a rappelé que, dans les années 1970, la formation médicale incluait la connaissance des cancers professionnels liés aux pesticides et à l'amiante, mais pas la reconnaissance des victimes environnementales.

Les médecins peuvent peser sur la politique environnementale

Pierre Sujobert, signataire d'une tribune publiée dans Le Monde, a souligné l'influence politique que les médecins peuvent exercer en faveur de la santé environnementale, ainsi que l'importance de sensibiliser la prochaine génération de professionnels de santé.