L’oncologie, spécialité médicale dédiée au diagnostic et au traitement du cancer, présente une empreinte carbone significative. Cela s’explique par l’infrastructure complexe, les chaînes d’approvisionnement et les processus de soins qui y sont associés, souvent synonymes de déplacements importants tant pour les patients que pour les professionnels de santé.
En France, l’empreinte carbone totale du pays en 2024 est estimée à 563 millions de tonnes équivalent CO₂ (MtCO₂e), soit environ 8,2 tonnes de CO₂e par habitant. Le secteur de la santé contribue à près de 50 MtCO₂e chaque année, représentant environ 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES). Selon le Shift Project, un laboratoire d’idées spécialisé dans l’environnement, 45 % de cette empreinte provient des soins proprement dits, tandis que 55 % est imputable aux médicaments et dispositifs médicaux.
Améliorer la pertinence des soins, éviter les actes inutiles et optimiser les parcours de soins permettent de réduire l’impact environnemental de l’oncologie sans compromettre la qualité des traitements. La plupart des professionnels de santé se disent prêts à modifier leurs pratiques si cela n’affecte pas l’efficacité des traitements. Le Dr Matthieu Delaye, oncologue médical à l’Institut Curie, souligne que décarboner le système de santé ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme une opportunité d’améliorer l’efficacité des traitements, de limiter les effets indésirables et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Les principaux postes d’émissions de CO₂ dans le secteur de la santé sont les médicaments et les dispositifs médicaux, qui représentent respectivement environ 29 % et 21 % des émissions de GES. Les déplacements, qu’ils concernent les patients, les professionnels ou le matériel, comptent pour environ 13 % des émissions. Cela montre que réduire l’empreinte carbone du secteur ne se limite pas à diminuer la consommation énergétique des établissements. Cela passe aussi par une gestion plus rigoureuse des achats, une meilleure organisation des soins et une évaluation de la pertinence des prescriptions.
Les médicaments, en particulier, ont une empreinte carbone élevée. La production des principes actifs en est la principale responsable, suivie des activités des entreprises, de la recherche et du développement, de l’emballage et du transport. L’empreinte carbone d’un principe actif peut varier considérablement : certains anticancéreux émettent bien plus que d’autres. Par exemple, un traitement de 28 jours par pembrolizumab émet environ 235,5 kgCO₂, soit l’équivalent de 1 226 kilomètres parcourus en voiture, tandis qu’un traitement similaire par irinotécan n’émet que 6,2 kgCO₂. Le lieu de production joue également un rôle : fabriquer en France pourrait réduire l’empreinte carbone de 50 % par rapport à une production en Chine.
En matière de prescriptions et d’administration, les formes orales des médicaments ont généralement un impact environnemental moindre que les formes intraveineuses (IV). Par exemple, le paracétamol sous forme de comprimé émet significativement moins de CO₂ que sa version IV. De même, les formes à libération prolongée ou les dosages plus élevés peuvent réduire l’impact environnemental. En radiothérapie, réduire le nombre de séances permet de diminuer significativement l’empreinte carbone, car moins de déplacements et de ressources sont nécessaires. Cette approche, appelée hypofractionnement, a démontré des bénéfices environnementaux dans le traitement de cancers comme ceux du sein ou de la prostate.
Le défi en oncologie consiste à concilier l’efficacité des traitements et la réduction de l’impact environnemental. Certaines avancées, comme une meilleure sélection des patients, une durée de traitement réduite ou des interventions non médicamenteuses, peuvent à la fois améliorer les résultats pour les patients et diminuer les émissions de carbone. Les professionnels de santé sont généralement disposés à adapter leurs pratiques si la qualité des soins n’en pâtit pas, mais ils manquent souvent de données et d’outils pour prendre des décisions éclairées. L’oncologie de demain pourrait intégrer davantage de considérations environnementales dans les décisions cliniques, afin d’offrir les bons soins aux bons patients, au bon moment, avec les ressources strictement nécessaires.
Impact environnemental et stratégies de décarbonation dans les soins en oncologie
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
oncologycarbon-footprinttreatment-optimizationenvironmental-impact
Sources d'origine :
- 🇫🇷Vidal



