Un nouveau rapport publié par l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, le 7 octobre, cherche à éclairer les débats en cours sur les véhicules électriques (VE) en apportant une perspective scientifique. Le document s’appuie sur deux études prospectives et une analyse complète du cycle de vie des véhicules pour fournir une évaluation objective de l’électrification en France. Si les conclusions globales sont positives pour les voitures électriques, le rapport souligne que tous les véhicules n’ont pas le même impact environnemental. L’Ademe aborde trois idées reçues courantes sur la mobilité électrique : la pollution, la durée de vie des batteries et la pression potentielle sur le réseau électrique français. Selon le rapport, l’empreinte carbone d’un véhicule électrique en France est environ deux fois moindre que celle d’un véhicule thermique ou hybride traditionnel, grâce à la production d’électricité de plus en plus décarbonée du pays. La « dette carbone » liée à la fabrication des batteries est compensée après 70 000 km pour un modèle compact de 60 kWh, bien que cette distance varie selon les véhicules. Le rapport indique également que les émissions de particules fines dues au freinage sont réduites de moitié pour les PM10 et d’un tiers pour les PM2,5 par rapport aux véhicules thermiques. Concernant la longévité des batteries, le rapport précise que les batteries actuelles se dégradent en moyenne de 1,7 % à 2,3 % par an et conservent environ 89 % de leur capacité initiale après 200 000 km. Si certaines batteries peuvent nécessiter un remplacement prématuré en raison de défauts, d’autres ont montré une durabilité inattendue. Le recyclage devient plus accessible, bien que l’industrie européenne reste perfectible. Sur le sujet du réseau électrique, l’Ademe confirme que l’électrification du parc automobile est compatible avec la capacité du réseau, à condition que la recharge soit bien gérée. L’agence recommande de recharger les véhicules en journée, afin de s’aligner sur la production d’énergie solaire, ce qui peut réduire l’impact environnemental de la recharge par 2,5. Ce conseil va à l’encontre de la pratique traditionnelle qui consiste à recharger pendant les heures creuses la nuit. Le rapport met aussi en lumière les différences environnementales entre les grands SUV et les modèles plus sobres. Par exemple, une berline compacte électrique dotée d’une batterie de 60 kWh (340 kg) affiche une consommation moyenne de 14 kWh aux 100 km, tandis qu’un grand SUV nécessite une batterie de 90 kWh (510 kg) pour pallier sa mauvaise aérodynamique, entraînant une consommation de 21 kWh aux 100 km. Le poids supplémentaire de 170 kg de batterie ne se traduit pas par un gain d’autonomie. Pour aider les consommateurs à faire des choix éclairés, l’Ademe formule trois recommandations : privilégier l’efficacité énergétique en évitant les modèles surdimensionnés et inutilement lourds, recharger en journée pour profiter de l’énergie solaire, et choisir un véhicule éligible au score environnemental, qui permet de maîtriser l’impact environnemental de la fabrication et du transport.