Un robot à roues nommé Opportunity s’est posé sur Mars en 2004 après avoir rebondi six fois à la surface de la planète rouge, que nul humain n’avait jamais foulée. Le robot mesurait un peu plus de deux mètres de long et pesait 185 kilogrammes. Il était protégé par un ensemble d’airbags gonflables lors de sa descente, ce qui lui a permis d’atterrir en douceur dans un petit cratère nommé Eagle, d’un diamètre de 22 mètres. Ce cratère se situait dans la région de Meridiani Planum, sur Mars. La méthode d’atterrissage consistait en une capsule recouverte d’un bouclier thermique, qui a ensuite déployé un parachute et largué le rover dans l’atmosphère martienne, où les airbags ont amorti son arrivée. La séquence des rebonds avait été soigneusement calculée pour que le rover se pose à l’intérieur du cratère. Opportunity était conçu pour fonctionner pendant 100 jours, mais il a finalement travaillé pendant 14 ans, parcourant plus de 45 kilomètres avant qu’une tempête de poussière en 2018 ne mette fin à son activité. Dès sa première journée, il a découvert des milliers de petites sphères minérales rondes, surnommées « myrtilles martiennes », qui ont fourni des preuves de la présence passée d’eau liquide sur Mars. Le site d’atterrissage a ensuite été rebaptisé Challenger Memorial Station en hommage à l’équipage de la navette spatiale Challenger, perdue en 1986. Les scientifiques n’avaient pas prévu que le rover atterrirait dans un cratère, car celui-ci contenait des indices géologiques que la mission recherchait. Le Mars Reconnaissance Orbiter a confirmé la précision de l’atterrissage grâce à une image en couleur du cratère Eagle, prise en 2006. Opportunity a réalisé plusieurs découvertes majeures, dont la première météorite identifiée sur une autre planète, nommée Heat Shield Rock. Le long fonctionnement du rover et ses résultats, incluant des preuves d’eau liquide, ont transformé la compréhension scientifique de Mars. La question de savoir si l’atterrissage dans le cratère a été déterminant pour le succès de la mission reste un sujet de débat parmi les chercheurs. La précision de l’atterrissage, combinée aux richesses géologiques inattendues du site, a contribué aux remarquables apports scientifiques du rover.