À Varsovie, un dispositif inédit surnommé AbortOmat est apparu dans un centre d’avortement, offrant une solution pour contourner les lois polonaises strictes en matière d’interruption de grossesse. Ces lois, en vigueur depuis 2020, n’autorisent l’avortement qu’en cas de viol, d’inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger. Auparavant, l’avortement était également autorisé en cas de malformations fœtales graves ou de maladies incurables, ce qui représentait jusqu’à 96 % des cas légaux. Selon les données du Fonds national de santé (NFZ) et du Conseil de l’Europe, seulement 846 avortements légaux ont été pratiqués en Pologne au premier semestre 2025, illustrant l’ampleur des restrictions.
Ces réglementations strictes ont suscité d’importantes manifestations, comparées aux mobilisations anti-communistes de 1989. Les groupes pro-choix aident les femmes à se procurer des pilules abortives, malgré les risques juridiques encourus. Bien que la possession ou la prise de ces comprimés ne soit pas illégale, aider quelqu’un à se les procurer peut entraîner jusqu’à trois ans de prison. En réponse, deux organisations féministes, Women Help Women et l’Abortion Dream Team, ont créé AbortOmat, un dispositif qui sert d’intermédiaire entre un fournisseur étranger de pilules et la femme qui en a besoin.
Le AbortOmat est installé au centre AboTak, une structure située à plusieurs kilomètres d’un centre d’avortement traditionnel ouvert en mars 2025 devant le Parlement polonais. Pour l’utiliser, il faut traverser des rideaux frangés pour accéder à une pièce décorée de néons et de boules prismatiques, où trône une grande armoire rose. Un code confidentiel à six chiffres est saisi, et l’un des 22 compartiments s’ouvre, révélant une enveloppe rose pailletée contenant le médicament. Le processus est entièrement anonyme, conçu pour rendre l’expérience plus discrète et moins intimidante.
Les créateurs de AbortOmat cherchent à normaliser l’avortement et à lutter contre la stigmatisation qui l’entoure dans un pays où l’Église catholique exerce une influence considérable. Des militants anti-avortement se rassemblent régulièrement devant le centre, utilisant des haut-parleurs pour diffuser des messages accusateurs et des images choquantes. L’ambiance disco du dispositif reflète, selon Kinga Jelińska, cofondatrice de l’Abortion Dream Team, la nature « à l’envers » de la situation. Elle souligne que le besoin de pilules abortives est souvent aussi urgent que celui d’articles du quotidien, comme des vêtements ou des cosmétiques.
Les groupes féministes s’efforcent de donner une image plus rassurante de l’avortement, en combattant les idées reçues et la stigmatisation associée à la procédure. Kinga Jelińska a insisté sur la nécessité de solutions plus accessibles et humaines. Pendant ce temps, le gouvernement de Donald Tusk, élu en décembre 2024, n’a pas tenu sa promesse de « libéraliser l’avortement » en l’autorisant jusqu’à 12 semaines de grossesse. Tusk affirme manquer du soutien parlementaire nécessaire pour faire adopter une telle loi, ce qui pousse les militants à s’interroger sur la fiabilité des dirigeants politiques en matière d’autonomie personnelle.
Des militants polonais introduisent un distributeur automatisé de pilules abortives face à des lois anti-avortement strictes
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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